Trek Landmannalaugar - Thorsmork en autonomie complète avec nuits sous tente
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Carte du parcours

  Le trek Laugavegur fait 55 km de long. Sans présenter de réelle difficulté technique c'est malgré tout loin d'être une petite promenade digestive, certains passages sont assez escarpés, la succession de descentes et de montées peut vous couper les jambes, surtout si vous êtes chargés d'un sac à dos trop lourd. Et par mauvais temps les choses se compliquent encore davantage.
Il démarre à Landmannalaugar et finit à Thorsmork, mais beaucoup de randonneurs vont jusqu'à Skogar.  Un conseil : si vous avez des problèmes d'articulation ou de l'arthrite quand le temps est à la pluie, laissez tomber, restez plutôt chez vous à tricoter près du poële.

Vous trouverez des scans d'une carte plus détaillée ( 1 / 100 000 ) du parcours dans les derniers articles.



Publié à 12:01, le 21/12/2007,
Mots clefs : laugavegurinnlaugaveguricelandcarte
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Aéroport de Kéflavik

Notre avion atterrit à Kéflavik... sous une pluie battante. Chiottes ! Ca démarre mal ! A Reykjavik quand la visibilité dépasse 10 mètres on dit que le temps est correct... Et puis camper sous le soleil est à la portée de tout le monde mais camper sous la pluie, c'est un métier.
Il faisait si beau au-dessus des nuages et si chaud à travers le hublot... Je pose enfin le pied en terre viking en tenue de guerre : gore tex flashy, grosses grolles de randonnée, pantalon d'alpinisme de chez "Vertical", et gros sac à dos duquel plein de trucs débordent...  Je traverse au pas de course le grand hall d'arrivée et me dirige vers l'arrivée bagages, j'y récupère mon sac à dos ( trempé ), me hâte d'aller changer 200 € en couronnes islandaises. 200 € pour la semaine pour payer les campings et transfers en bus plus tous les petits extras qui vont autour cela risque d'être un peu juste et je me demande s'il n'eut pas été de meilleurs aloi de faire plus de change. Me voilà débarrassé du superflux je vais pouvoir m'attaquer à l'essentiel.



Publié à 11:00, le 21/12/2007,
Mots clefs : Kéflavikreykjavikicelandaeroport
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Ticket de transfert en Fly bus

 En face du bureau de change j'achète 1200 kr ( 13,5 € ) mon transfert en navette Flybus vers Reykjavik. Bien que je me sois dépêché je rate le premier bus et me vois contraint d'attendre le suivant, une demi heure après. Je me retrouve dans un bus rempli au trois quart par ce qui semble être un club troisième âge british. La pluie continue de tomber, sans faiblir. Mon Flybus finit par arriver devant l'aéroport et le chauffeur demande à chaque passager où il descend : « hôtel ? Camping ? ». Je lui sors un papier trempé et je l'agresse en anglais : « Dou you go tou ze camping Laugardalur ? », « yes » me répond-il, puis il fait une croix dans son calepin à côté du mot « camping ».



Publié à 10:00, le 21/12/2007,
Mots clefs : FlybusFlylaugavegurinnlaugaveguricelandbus
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Réception camping Reykjavik

Après avoir fait la tournée des hôtels de la capitale, on ne se retrouve au bout d'une heure de trajet plus qu'à deux dans le bus qui nous dépose au camping. Mon « compagnon » de voyage, un breton ne me suit pas, il va passer la nuit à l'auberge de jeunesse qui le jouxte. Il m'explique qu'il vient dans un camp de vacances faire du bénévolat en effectuant de petits travaux dans les allentours du refuge de Thorsmork, la dernière étape de mon trek. Je lui dit qu'on se reverra peut-être à Thorsmork donc ! On se dit au revoir et je me dépêche d'aller à la réception du camping, la pluie est toujours présente, le soleil quant à lui brille par son absence. J'entre dans la réception du camping, chargé jusqu'aux oreilles où je m'échoue sur une petite jeune made in Iceland, blonde ficelle, pas mal la gonzesse, une p'tite nana genre 95 D. Je m'attendais plutôt à tomber sur une grosse femme à couettes pure descendante de la race viking, le genre de femme massive née sur un drakkar et chassant le loup au couteau.

Elle m'accueille avec un « Hi ! ». Heu... Comment est-ce qu'on dit « good morning » en islandais ? Réponse : "Feitkn...pjulup...haiuzs" Donc voilà... je dirai « Hi ! ». Il faut que j'achète des cartouches de gaz, mais mon anglais est assez limité et mon islandais nul donc... langage des signes... Je paie 800 kr pour un emplacement d'une nuit pour une personne. Je lui achète aussi 2 cartouches de gaz donc, à 900 kr l'unité, ce qui en fait s'avère beaucoup trop ( 1 seule cartouche suffit amplement, mais que voulez-vous, la peur de manquer... ) et je lui dévalise le rayon cartes postales bien qu'elles soient chères à mourir. Je lui lance un "thank you".


Publié à 09:00, le 21/12/2007,
Mots clefs : réceptionlaugavegurinnlaugavegurreykjavikicelandcamping
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Camping de Reykjavik

La météo est plutôt lunatique en Islande. Je profite d'un instant où la pluie s'est calmée et où le soleil ressort ( pour un quart d'heure comme c'est la coutume là-haut ) pour monter ma tente en quatrième vitesse. C'est vraiment la galère cette pluie ! Le premier ennemi du campeur est bien l'humidité, c'est ce qu'il y a de plus dur à gérer. Le vent et le froid sont assez aisément gérables quant à eux car même si l'acclimation au froid est limitée, une exposition régulière l'améliore.
Je jette un rapide coup d'oeil aux allentours histoire de faire un petit inventaire de mes voisins ( pendant que j'en ai encore... ) : il y a un bipède aux cheveux longs ( un mâle très certainement ) vêtu de guenilles, on dirait qu'il a piqué les fringues des Vamps ! Et le tout mis en valeur par une barbe magnifique qui à cause de la crasse frise naturellement en dread locks. Il est accompagné de sa copine aux arcades sourcilliaires percées de plein de petits bouts de métal ( c'est joli mais il faut aimer, c'est un truc... enfin il faut être connaisseur... ). Sinon par tribord arrière une tête rasée ( d'origine scandinave sûrement ) fait du yoga dans l'abside de sa tente Vaude de couleur orange. Description de l'énergumène : grosses chaussettes de laine déparaillées ( ce qui tendrait à faire penser que la bête est daltonnienne ), bermuda kaki qui laisse apercevoir une pilosité des jambes violente ( je n'ai pas vérifié le torse mais rien que de l'imaginer j'ai peur ).
Je me prépare un plat lyophilisé, un truc du genre parmentier de poisson, plus un lyophilisé de compote de pommes-fraises. Un petit tour aux lavabos, les douches sentent le souffre, il parait que c'est normal car elles sont directement branchées sur un geyser, et l'eau peut atteindre 85 °C, un panneau prévient donc les utilisateurs de toujours ouvrir l'eau froide en premier et de toujours fermer l'eau chaude en premier. Je me couche vers 19h00, heure locale ( en France il est déjà 21h00 ) car demain je dois me rendre au central de bus BSI d'où mon bus pour le Landmannalaugar partira à 8h30. Un couple dans une tente voisine se met à fucker, le mec à l'instant T se mettra à gueuler... Quelle audace ! Sinon il pleuvra toute la nuit durant avec parfois certains passages assez violents, la tente frétille rageusement, je serre les fesses, mais elle devrait aisément tenir le coup. De plus le camping de Reykjavik étant un modèle du genre, hyper bien abrité, arboré ( chose rare en Islande ) le vent ne m'inquiètera pas outre mesure. Et même, ma tente étant une tente d'alpinisme, mieux : une tente d'assault, elle peut aisément résister aux plus fortes bourrasques, mais le premier soir à dormir dehors est toujours plein d'inquiétude car on n'est pas habitué à dormir outside. Je finis par m'endormir, raide-mort, malgré le bruit de la pluie sur la toile.


Publié à 12:00, le 20/12/2007, Reykjavík
Mots clefs : réceptionlaugavegurinnlaugavegurreykjavikicelandcamping
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Cartouches de gaz

Avant de repartir pour l'aéroport, les anciens campeurs laissent devant la réception du camping tout un tas de trucs : des cartouches de gaz à moitié vides, des piquets de tentes, des matelas-mousse... J'y ai même trouvé un duvet synthétique et une paire de chaussures de rando !

Ceci dit, les étagères ne sont pas toujours autant remplies de recharges de gaz, là nous sommes en fin de saison touristique ce qui signifie qu'il y a plus de départs que d'arrivées. Au mois de juillet, en pleine saison, il n'y a souvent que trois ou quatre bouteilles. De plus beaucoup de recharges sont presque vides la plupart du temps. Tout cela pour dire qu'il ne faut pas trop compter là-dessus pour s'approvisionner en gaz. Mais bon... Ca peut dépanner.


Publié à 12:00, le 19/12/2007,
Mots clefs : gasgazcartouchescartouchecartridgecartridgesreykjavikicelandcamping
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Ligne de bus N°14

Le bus n° 14 doit m'assurer le transfert jusqu'au terminal BSI.



Publié à 11:00, le 19/12/2007,
Mots clefs : 14ligneBSIicelandbus
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Arrêt de bus rouge-sale

Juste pour situer l'arrêt de bus par rapport à l'auberge de jeunesse.
Je me suis réveillé à l'aube ce matin là, avant le coq, j'ai pris du muesli en lyophilisé plus une compote de pomme, j'ai démonté la tente rapidos, resserré les sangles du sac à dos et foncé à l'arrêt de bus rouge-sale de l'autre côté de la rue déserte, juste en face l'auberge de jeunesse. On l'aperçoit à droite sur la photo. Malgré mon réveil de bonne heure, je suis presque à la bourre, donc je me tape un sprint ( chargé comme une bonne vieille mule, c'est spécial ).

Malgré la pluie quelques locaux font leur footing. C'est vrai que si on attend qu'il ne pleuve plus on ne fait rien ici.

Une hollandaise sort de l'auberge de jeunesse, sous la pluie, sans mettre sa capuche, sans se presser et me rejoint à l'arrêt de bus. Elle me lance un « Hi ! ». Je lui répond « hello ». Le bus arrive à 7h03 comme me l'avait précisé la réceptionniste du camping, je sors un billet de 1000 kr et le chauffeur me lance "we don't have change in the bus". J'suis mal, j'ai pas eu le temps de faire de la monnaie. Finalement la hollandaise m'avance les 280 kr ( 3,15 € ). Sympa. On prend le bus avec les habitants de Reykjavik qui vont bosser, on a l'impression de vraiment s'inserrer dans la société islandaise.


Publié à 10:00, le 19/12/2007, Islande
Mots clefs : 14ligneBSIiceland
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Centre de bus BSI

Le bus n°14 me laisse juste à côté du centre BSI. Arrivé au central BSI donc, j'achète des bonbons pour faire de la monnaie. J'achète mon billet pour Landmannalaugar pour 4500 kr ( 51 € ). Le bus arrive, un gros bus 4X4 avec la garde au sol surélevée ( le chassis m'arrive à la taille ), il se remplit presque ce qui me surprend car on est en fin de saison, l'ambiance est assez sympa, beacoup de nationalités : français, belges, américains, hollandais se côtoient. Poil aux doigts.
Dans le hall du central, certains dorment dans leur duvet en travers sur 2 ou trois sièges en attendant leur bus. On peut prendre un café à la cafétéria et acheter quelques bricoles pour compléter le ravitaillement.


Publié à 09:00, le 19/12/2007,
Mots clefs : FlyBSIreykjavikicelandbus
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Bus pour Landmannalaugar

Après quelques kilomètres d'asphalte et deux ou trois arrêts-pipi de dix minutes nous quittons la route n°1 et empruntons une piste assez cahotique avec par endroits de sacrés nids de poule, ce qui limite l'accès de cette piste aux 4X4. Le bus est secoué à mort, les sièges tremblent, à l'intérieur tout saute, on se croirait sur un manège de la foire du trône. Le chauffeur écrase le champignon, j'attache ma ceinture de sécurité, des tas de trucs tombent dans l'allée centrale, un petit sac à dos, un guide du routard, des cartes routières, un stylo, mais le chauffeur continue de rouler en speedant comme un fou. Banzaï !!! Le chauffeur de déchaîne sur le levier de vitesse tant la piste est cabossée par endroits. Quelle conduite rocambolesque ! Notre chauffeur est plutôt marrant : un viking d'une bonne cinquantaine d'années, ébouriffé à mort qui conduit avec le portable à l'oreille. Le truc gênant c'est que malgré le froid qu'il fait il roule avec la glace à moitié ouverte, tant et si bien que tout le monde a renfilé sa veste polaire, il caille sérieusement. Il cherche à nous mettre en condition...


Publié à 12:30, le 18/12/2007, Landmannalaugar
Mots clefs : laugavegurinnlaugavegurBSIicelandbus
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En route pour Landmannalaugar

Petite halte sur la piste F 225.

Publié à 12:07, le 18/12/2007,
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Sur la route pour Landmannalaugar

Sur la piste F 225 qui mène au Landmannalaugar, trois boules de laine assises dans l'herbe. Un peu de vie au milieu de nulle part...

Publié à 12:04, le 18/12/2007,
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Sur la route pour Landmannalaugar

Toujours sur la piste F 225. Photo prise à tavers le pare brise du car. Sur une piste dans un tel état le car vibre tellement qu'il est quasi impossible de faire des photos nettes.

Publié à 12:03, le 18/12/2007,
Mots clefs :
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Publié à 12:02, le 18/12/2007,
Mots clefs :
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Sur la route pour Landmannalaugar

Ils conduisent vraiment comme des malades ! Le bus tremble de toute part, sûr qu'à la prochaine halte on pissera en morse ! A un moment sur la piste nous croiserons une petite voiture de tourisme conduite par 2 nanas qui semblent assez mal en point... Mais que font-elles ici ! La piste de cendre noire est boueuse à souhait, elles sont presque embourbées et sont plus ou moins coincées dans un virage épingle en montée.  Quelle idée de se pointer en de tels lieux en Toyota Yaris... Des belges très certainement... Notre bus passe sans s'arrêter mais j'arrive à voir un peu de la scène qui est plutôt cocasse : l'une d'entre elles est au volant et a l'air de s'énerver sur l'accélérateur car une épaisse fumée bleutée s'échappe du pot d'échappement, ça patine semble-t-il. Pendant ce temps l'autre nana ( genre le modèle "monster truck" ) est dehors au milieu des bourrasques et de la pluie et tente de guider sa copine tant bien que mal en faisant de grands gestes et en lui couinant super aigu des instructions style " accélère à fond bichette !!! "... J'me marre... Mais notre bus continue et déjà elles sont loin. Je ne suis pas sûr qu'elles atteingnent le Landmannalaugar tant désiré.



Publié à 12:00, le 18/12/2007, Landmannalaugar
Mots clefs : BSIiceland
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Ile sur le lac Frostavatn

Envie brutale de faire stopper le bus pour aller planter mon tipi sur cet ilot ! Mais est-ce bien raisonnable...

Publié à 11:05, le 18/12/2007, Landmannalaugar
Mots clefs : laugavegurinnlaugavegurFrostavatniceland
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Arrivée au landmannalaugar

 Après quatre bonnes heures de route dont deux heures de tape-cul sur une piste explosive on arrive enfin au Landmannalaugar. Ca ressemble à un immense terrain vague entouré de montagnes de ryholites avec des couleurs flashy qui passent par tous les dégradés de jaune mêlé de gris et même du bleu par endroits, le temps est brumeux mais voit quand même les montagnes allentours. Quand le soleil sort le site doit être exceptionnel ! On franchit un gué d'une quarantaine de centimètres et on est enfin arrivé. Il y a quand même une bonne vingtaine de tentes sur le site bien que la saison soit presque terminée. En pleine saison le site est envahi de campeurs, on compte alors plus de 200 tentes. La pluie a cessé en tout cas, je me dépêche de monter la tente au sec avant que Thor et Odin ne se déchaînent à nouveau, puis je vais payer les 800 kr pour le camping. Il est loin de faire beau mais déjà, la magie opère.

Publié à 10:30, le 18/12/2007, Landmannalaugar
Mots clefs : laugavegurinnlaugaveguriceland
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La tente montée au camping de Landmannalaugar

 D'après le peu que j'aperçois depuis le camping le coin semble magnifique. Il faut savoir que tout au long du trek Laugavegurinn on est autorisé à camper uniquement près des refuges. Et donc on doit payer.
Difficile d'enfoncer les piquets de la tente, le sol est plein de caillasses ! J'enfonce ceux qui veulent s'enfoncer et pour le reste je me sers de gros cailloux prévus à cet effet. J'amarre la tente avec des pierres assez grosses car ça peut souffler fort ici quand le vent s'engouffre dans le corridor de la Jokulgil. La nuit commence à tomber, les choses sérieuses commencent... loin de la civilisation.

Publié à 10:27, le 18/12/2007, Landmannalaugar
Mots clefs : laugavegurinnlaugaveguriceland
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Source chaude du Landmannalaugar



Publié à 10:26, le 18/12/2007,
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Source chaude

J'ai oublié mon maillot de bain. J'aurais pu y aller sans maillot mais la dernière fois que j'ai joué à ça j'ai déclenché une émeute alors...

Publié à 10:25, le 18/12/2007,
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La nuit approche...

Les montagnes de rhyolite sous un dernier rayon de soleil en début de soirée. Ca donne à ces montagnes des couleurs un peu métalliques.

Publié à 10:24, le 18/12/2007,
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Nuit glaciale au Landmannalaugar

 

Trois heures du matin. Je sors satisfaire un besoin naturel à la lampe frontale. C'est toujours un moment horrible la sortie-vidange en pleine nuit, abandonner la chaleur du sac de couchage. J'entre ouvre la fermeture  éclair de la tente et passe le bout du nez dehors. Froid piquant. Le bruit du moment : mes dents qui claquent. Je sors de la tente : les étoiles ! Whouâââ ! Par moments le vent chasse les nuages et certaines parties du ciel sont dégagées et les étoiles apparaissent par milliers, c'est rare de pouvoir en voir autant. Mais quel froid ! Malgré l'heure je planifie une opération commando : je retourne à la tente prendre l'appareil photo et je photographie le ciel dans la nuit noire et glacée, avec des temps de pauses de 15 à 20 secondes. C'est la pleine lune, on ne voit qu'elle sur la photo. Le vent est modéré mais glacial, j'ai des frissons dans toute la colonne vertébrale, je reste une vingtaine de minutes abrité un peu du vent derrière la cabane des chiottes à mitrailler le ciel en grelottant. Mais j'ai pas trop l'habitude des prises de vue la nuit. Et ça se voit...


Publié à 10:20, le 18/12/2007, Landmannalaugar
Mots clefs : laugavegurinnlaugaveguriceland
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Les moutons ont foutu le bordel toute la nuit !

Dans la soirée une meute de hell's angels chevelus à souhait et barbus à la ZZ Top ont débarqué dans le camping et sont venus planter leurs tentes pas loin de la mienne ( J'ai jamais eu de pot ! ). Le hell's angel moyen ne se déplace jamais sans son pack de douze bières, y compris en Islande. Ah ces amerlocs !!! Ils garent leurs Solex juste en face de ma suite, plantent leurs tipis et commencent à éventrer moult canettes de bière à coups de clé de 16. Très rapidement les premiers "fuck" arrivent, ponctués de quelques rôts. "fuck" par ci, " fuck" par là... Même les moutons semblent assez appeurés et se résignent à partir brouter ailleurs en des endroits moins bruyants. La cohabitation s'annonce difficile, le mélange moutons / hell's angels îvres est impossible, un peu comme l'eau et l'huile, comme Arlette Laguillier et Jean Marie Le Pen, on ne les verra jamais danser ensemble.

Sinon à part ce chahut de début de soirée la nuit a été calme, la première partie en tout cas, car en deuxième partie de nuit, les moutons ont foutu le bordel dans le camping, ça a duré un bon moment. Comme pour se venger des hell's angels. Il faut savoir qu'au Landmannalaugar le camping n'est pas cloturé, comme si on faisait du camping sauvage et donc les moutons se balladent entre les tentes. C'est pitoresque. La vie trépidente de la région parisienne me semble bien loin... Ca ressemblait aux bêlements d'un petit perdu qui appelle sa mère. Quel boxif ! Enfin ça aura au moins réveillé le campeur de la tente voisine qui ronfflait depuis minuit et demi, c'est d'ailleurs à ma connaissance le seul type au monde à pouvoir ronffler en continu. Par moments ça donnait l'impression d'un hélicoptère qui peine à décoller, un peu comme si le rotor avait des ratées. Par d'autres moments on aurait dit que quelqu'un jouait du cor des Alpes, cet instrument qui servait au regroupement des vaches dans les alpages dans les temps anciens. Enfin bref j'ai souffert.



Publié à 10:18, le 18/12/2007, Landmannalaugar
Mots clefs : moutonsmoutonlaugavegurinnlaugaveguricelandcamping
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Derrière Landmannalaugar

A partir du camping de Landmannalaugar on peut effectuer quelques courtes randonnées en étoiles de deux ou trois kilomètres.

Publié à 10:16, le 18/12/2007, Landmannalaugar
Mots clefs : laugavegurinnlaugaveguriceland
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Panoramique du camping Landmannalaugar

 Le lendemain matin, réveil à l'aube, mon organisme est toujours réglé sur l'heure française et n'a pas eu le temps de se caler sur l'heure locale. Donc je me prépare mon petit déjeuner vers 6h00 heure locale ( 8h00 en France ). Le camping est mort, tout le monde pionce encore, on n'entend que mon réchaud qui fait un boucan d'enfer, il siffle sa flamme bleue sous ma casserole en aluminium. Le ciel est bien voilé mais pas de pluie. Je dis "yessss !". Tout en avalant mon lyophilisé de muesli au chocolat, je m'interroge : à chaque fois que j'organise quelque chose ça FOIRE ! Et là non... Je suis étonné d'être arrivé jusqu'ici sans encombre. Les astres seraient-ils avec moi ? Si ça se trouve j'ai le trigone de Neptune dans la maison du zèbre... La suite de mes aventures me prouvera que j'ai plutôt Lucifer au zénith de la sphère céleste de mon signe zodiacal. Je ne sais pas si veut dire grand chose mais ça traduit mes mésaventures à venir...
A sept heures et demi la tente est pliée et mon sac bouclé, je part pour la première étape de ce trek mythique après avoir laissé mon nom et mon itinéraire sur le cahier de la réception ( ils ont mis ça en place car il est arrivé paraît-il que certains terkkeurs se soient perdus... ). Le trek n'est pas très difficile en lui même, il paraît que les lycéens islandais le font pour gagner des points faciles en sport ( avec des sacs à dos allégés toutefois, et en dormant en refuge et non sous tente ce qui facilite grandement la chose ). Mais attention d'après la carte et toutes les infos que j'ai pu rassembler c'est loin d'être plat et il est préférable d'avoir un sac à dos n'excédant pas les 15 kilos. Le mien au départ faisait 25 kilos, beaucoup trop lourd. De même il est préférable de se lancer dans l'aventure par beau temps uniquement.
Je passe une dernière fois aux sanitaires ( vides ) pour remplir ma bouteille d'eau et je me lance, abandonnant le camping encore endormi, rien ne bouge, la source d'eau chaude fume en silence...

Publié à 09:14, le 18/12/2007, Landmannalaugar
Mots clefs : iceland
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Vallée de Vondugil

C'est beau, sans compter les quelques légers dégradés de rose dans le lever de soleil ! Je ne progresse que très lentement à cause du poids de mon sac ( ça me les mastique grave ! ), également à cause des pentes à 30 ou 40 ° qui ne me font pas vraiment progresser à Mach 16, mais aussi parce que je passe mon temps à prendre des photos, je bombarde littéralement le décor, j'arrose à max, c'est grandiose, je suis tout seul, j'ai l'impression que le monde m'appartient, et d'être le seul à avoir le cœur qui y palpite. On pourrait décrire l'Islande comme une terre de grande liberté qui donne à celui qui la découvre l'envie de s'y perdre, j'ai vraiment envie de m'y perdre. La vallée de Vondugil ( tout de suite après un kilomètre de marche ) est superbe, recouverte de linaigrette et quelques moutons dans le fond.

Publié à 02:40, le 18/12/2007, Landmannalaugar
Mots clefs : laugavegurinnlaugavegurVondugiliceland
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Dans la vallée de Vondugil

 Le trek démarre à la cabane qui sert de réception. Tout de suite ça monte raide, c'est très escarpé, mon sac chargé à max me déséquilibre de temps en temps. Je doute déjà, mon sac est vraiment lourd, j'en bave grave, et je n'en suis qu'au début. Mais quel décor ! Et je suis tout seul au milieu des montagnes de ryolites aux couleurs ocre, avec des dégradés de gris, recouvertes de mousses vertes fluo par endroit, c'est beau, je jouis presque, aahhrrr...


Publié à 02:30, le 18/12/2007, Landmannalaugar
Mots clefs : Vondugiliceland
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Près de Breinistensalda

 En approchant de Breinistensalda l'odeur de souffre me picote les narines. J'aperçois des fumeroles de ci de là... Le sol est rouge, c'est assez étrange.
Vers Breinnistensalda ça grimpe méchamment et les premières odeurs de souffre me titillent les narines donc. Cette montagne est jolie mais elle se mérite, rouge à son sommet, elle fume d'un peu partout. Alors ok les fumerolles et les vapeurs de souffre ça sent l'œuf pourri mais cela fait parti du jeu. Je n'ai fait que deux petites bornes de rien du tout sur les 12 que compte l'étape mais déjà j'ai la dalle.
Je me pose deux secondes, me tape trois barres de céréales cul sec et j'écoute le silence. Donc pause au milieu de nulle part, silence... minéral.
Après trois kilomètres ça monte encore après un petit faux espoir de plat sur 500 mètres, je sue comme un bœuf ! Je suis tellement chargé ! J'ai l'impression d'être une petite vieille de 80 ans qui rentre du marché chargée comme une mule. Je sue comme un boeuf, je tire la langue, elle touche presque par terre !


Publié à 01:30, le 18/12/2007, Landmannalaugar
Mots clefs : laugavegurinnlaugaveguricelandBreinistensalda
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Rhyolite landmannalaugar

Heureusement le décor est exceptionnel, jamais rien vu de pareil. Même dans mes rêves les plus fous. Je traverse une zone dans laquelle on trouve tous les dégradés de gris qui existent, on dirait qu'il y a eu un grand incendie. Et quel gigantisme !!!  j'me sens tout petit ( j'suis déjà pas bien grand... ).



Publié à 10:23, le 17/12/2007, Landmannalaugar
Mots clefs : Rhyolite
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Landmannalaugar

Je continue 500 mètres, le décor change petit à petit : les montagnes ont la même forme mais les couleurs s'adoucissent, le beige ressurgit.  Et cette mousse fluorescente ! Le tracé est toujours aussi facile à suivre pour le moment, les piquets balisant le parcours ne sont espacés que d'une centaine de mètres. Toujours personne en vue, ni devant ni derrière, il faut dire que je suis parti tôt, et que... déjà je sens fort. Je ne suis pas parti depuis trop longtemps mais j'ai vu une quantité impressionnante de couleurs depuis le départ de l'étape.

Publié à 10:10, le 17/12/2007, Landmannalaugar
Mots clefs : laugavegurinnlaugaveguriceland
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Montagne bleue

Trop délirant : voilà que maintenant le bleu vif prend place dans le décor. Sinon j'essaie de passer un coup de fil en France mais il n'y a pas de réseau, zéro.

Publié à 10:01, le 17/12/2007,
Mots clefs :
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Montagne verte

La mousse essaie de reprendre le dessus sur la cendre

Publié à 10:00, le 17/12/2007, Landmannalaugar
Mots clefs : laugavegurinnlaugaveguriceland
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Dans le Landmannalaugar

 J'entre ouvre toutes les ouvertures de ma gore tex pour évacuer un max de transpiration mais rien n'y fait, je dois fournir de tels efforts pour franchir les petites ravines successives ! En plus les pentes ne sont pas stables, c'est sablonneux et je manque de tomber plusieurs fois, destabilisé par le poids de mon sac.
L'été se termine et quelques plaques ne neiges subsistent de l'hiver dernier, preuve qu'ici ce n'est jamais les grosses chaleurs. Il est donc normal que rien ne puisse pousser à part des plaques de mousse.


Publié à 09:22, le 17/12/2007, Landmannalaugar
Mots clefs : laugavegurinnlaugaveguriceland
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Après Landmannalaugar

Le tracé continue de monter, en pente douce la plupart du temps, mais quand même. Si ça continue je vais me retrouver au milieu des nuages car le ciel est bas. Tout est toujours aussi silencieux, je n'entends que le bruit de mes pas lourds. Y'a pas à tortiller il y a quand même moins de monde ici qu'en région parisienne ! Même au niveau de la faune c'est vide, pas un oiseau dans le ciel, rien, c'est  vraiment la solitude la plus totale ( pour le trek le plus populaire d'Islande c'est fort de ne croiser personne ).

Publié à 09:11, le 17/12/2007, Landmannalaugar
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Vers Storhiver

 Arrivée sur le site de Storihver à mi-parcours de l'étape, un petit lac aux eaux turquoises fume. Attention ça glisse, le sol est constitué d'une glaise qui colle sous les chaussures, je me retrouve avec des semelles de dix centimètres d'épaisseur, et ça me donne la démarche du yéti... Great !
Ca ressemble à une grande baignoire et ça soulagerait mes muscles endoloris d'aller m'y laisser tremper, seulement cette eau épaisse d'un bleu laiteux n'invite guère à la baignade, ça me paraît plus que bouillant, et je ne me sens pas prêt pour une cuisson à l'etouffée.


Publié à 08:00, le 16/12/2007,
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Storihver

 Avant de s'approcher des fumerolles, bien se positionner par rapport au vent sinon l'odeur est insupportable.

Publié à 07:30, le 16/12/2007,
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Piquet dans le brouillard

Puis peu à peu, a force de monter puis de monter encore, la pluie revient, fine d'abord mais très pénétrante cependant, puis forte, et finalement très forte. Le tout ponctué par un vent qui me fouette en raffales qui parfois me destabilise, il prend appuis sur mon sac à dos, je resserre toutes les sangles du sac et de ma veste gore tex à fond pour limiter les prises au vent. Il caille méchamment tout à coup, l'arrivée de la pluie a bien refroidi l'air. Puis toujours à force de grimper et toujours grimper je finis par me retrouver dans les nuages ( le ciel est assez bas ), gros gros brouillard, qui complique les choses pour m'orienter : j'ai du mal à suivre le bon itinéraire, j'ai de plus en plus de difficulté à distinguer les piquets qui jalonnent le parcours, souvent je dois m'arrêter près d'un piquet et chercher le suivant avant de continuer dans le brouillard. Et horreur suprème, après une heure de pluie torrentielle je m'aperçois que mes gants ne sont pas imperméables. Ils se sont imbibés d'eau, j'ai les mains glacées, je n'ose les enlever pour les essorer car j'ai peur que le vent de malade qui souffle ne les emporte au loin.

Ici c'est la planète Mars, ou disons une cousine.

Dans ce contexte prometteur et enthousiaste, j'accélère le pas pour vite arriver au refuge et pouvoir me sécher, je suis tant bien que mal les piquets du parcours qui dans les endrois les plus venteux sont remplacés par des cairns de pierre qui, tels des sentinelles minérales me surveillent du coin de l'oeil, m'observent. J'ai la sensation étrange d'évoluer dans un rêve, rien de ce qui m'entoure ne m'est familier, ni la météo déjantée, ni cet univers de rocaille, ni le grand isolement. Rien. Enfin "grand isolement", la nature est si grandiose et brutale ici qu'on ressent toujours quelque chose comme une sorte de présence, c'est tellement anormalement vide.  Je commence à flipper un peu quand même. Franchement là c'est dur.



Publié à 10:00, le 15/12/2007, Landmannalaugar
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groupe dans le brouillard

J'aperçois un groupe d'une vingtaine de randonneurs en sens inverse qui s'approchent dans le brouillard, d'un pas lent, en rang assez serré pour ne perdre personne en route. Ce sont des américains, ils s'arrêtent, certains un peu effrayés de rencontrer un type tout seul au milieu de la tempête, me demandent à combien est le refuge de Landmannalaugar, je leur dis " two hours ", eux me disent que je ne suis plus qu'à une heure du refuge de Hrafntinnusker. L'un des types ( le chef de meute apparemment ) me dit que ce n'est pas le temps idéal pour visiter cette région d'Islande... Ce mec est d'une claivoyance ! Sinon une des nanas du groupe a envie de prolonger la conversation je le sens bien ( elle bat des cils un peu comme Betty Boop dans les dessins animés de Tex Avery ), mais j'abrège car quand je m'arrête j'ai froid. Je repars dans les hurlements du vent, dans mon humide et venteuse solitude.

Publié à 09:00, le 15/12/2007,
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Avant d'arriver à Harafinhusker

 Le vent arrive plein Ouest et me glace tout le côté droit du visage, je sens que ma machoire se paralyse du côté droit ( j'ouvre et ferme la bouche plusieurs fois de suite pour essayer de me dégeler les zygomatiques, je me masse un peu la joue et la tempe droite avec mes gants froids, bof ça marche moyen... ), mon bras droit commence également à être anesthésié par le froid ( pareil : j'ouvre et referme le poing plusieurs fois, je me tape les mains l'une contre l'autre pour faire circuler le sang et tenter de me réchauffer un peu, mais re-bof... ). Le refuge se trouve à plus de 1000 mètres d'altitude, il est presque toujours prisonnier du brouillard, du vent et de la pluie. La pluie tombe par côté, puis par le haut, de la gauche, puis de la droite, par moment j'ai même l'impresssion qu'elle arrive de par en dessous, elle subit les assauts du vent qui souffle à l'horizontale, et qui joue avec la pluie. Le paysage est totalement lessivé par la pluie. C'est la tempête, youpi c'est la fête ! Et quand je parle de pluie c'est faux, il doit faire dans les quatre ou cinq degrés et ce qui tombe ressemble plutôt à du grésil, la région se donne en spectacle. Sa race ! Il caille dur ! Je doute de mes capacités tout à coup, je ne prends même pas la peine de m'arrêter pour boire, dans une telle tempête ça serait trop la galère de sortir la bouteille du sac, la prochaine fois il faut que je prenne un Camel Bag, y'a pas à tortiller... C'est à se demander ce que les Vikings ( les premiers pionniers islandais ) sont venus chercher dans cet endroit, ils devaient fuir quelque chose de terrible pour venir s'installer ici !

Visiter l'Islande est une sacrée leçon de caractère en tout cas, il faut être têtu, plus têtu que sa météo impossible, plus obstiné que le vent qui semble vous tester avec ses offensives répétées, et dont chaque rafale vous enlève un peu de vos forces. Il faut que je me dépêche de boucler l'étape, je donne tout ce que je peux.

Quand il pleut des seaux d'eau et qu'il caille à mort il faut vraiment en vouloir. Cela peut paraître contradictoire mais je ressents là un réel plaisir du contact avec l'élément, finalement j'aime quand la nature de fâche, se déchaîne.
Puis profitant d'un instant où la pluie ralentit je fais une photo. Sur cette étape-là j'en aurais pas prise beaucoup.



Publié à 08:30, le 15/12/2007,
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Stèle Ido

 A un moment je distingue une plaque commémorative sur laquelle je finis par pouvoir lire que le 27 juin 2004 ( donc en plein été ), Ido, un jeune israélien de 25 ans est mort ici, pris dans une tempête de blizard, seul, au milieu de nulle part. J'avais donc raison de douter... D'après ce qu'on m'a appris par la suite il était mal équipé, n'avait pas de vêtements thermiques, il était en Jean's, ne dormait qu'en refuge et ne possédait pas de tente ( il aurait pu s'y mettre à l'abri là s'il en avait eu une ). En cas de brouillard très épais où il est impossible de trouver le piquet suivant à vue, les gardiens des refuges conseillent de rester près d'un piquet et d'attendre que ça se lève.
Ah ce brouillard... tout est blanc de brouillard la tempête souffle vraiment à l'horizontale, ma capuche ne sert pas à grand chose... J'enrage un peu...
C'est assez flippant, je repars en suivant les piquets du parcours, ne pas rester immobile pour ne pas geler sur place, déjà j'ai un peu froid au torse, j'ai les mains glacées dans mes gants imbibés de flotte, ils pèsent deux tonnes ! Il faut dire que l'endroit est "mortel", il n'y a en effet aucun endroit pour se mettre à l'abrit en cas de blizzard, rien derrière quoi s'abriter du vent, pas un endroit ou se poser 5 minutes pour faire une pause, boire un coup ou grignoter un truc. C'est un passage difficile et on peut comprendre qu'il est très facile de lâcher prise quand la météo devient assassine, de tout  abandonner quand le moral est aussi bas que le plafond nuageux, de se laisser dépasser par la fatigue, le froid et la faim et de s'arrêter comme l'a fait ce jeune israélien.

Publié à 08:15, le 15/12/2007,
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Champs de pierre ponce avant Hrafinhusker

Je traverse à présent un champs de pierres ponce, c'est stupéfiant, le sol est mitraillé de pierres de la taille d'un ballon de foot et sont hyper luisantes, un peu comme du marbre noir poli. Le fait qu'elles soient mouillées leur donne même un petit effet de miroir on pourrait presque se voir dedans. Il reste également quelques plaques de neige dure de ci de là.


Publié à 08:12, le 15/12/2007,
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Enfin le refuge !

Au milieu du brouillard j'aperçois enfin le toît blanc du refuge en contre bas, je commençais à désespérer. Je vais pouvoir aller me sécher. J'espère qu'il est ouvert...

Publié à 08:11, le 15/12/2007,
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Refuge d'Hrafntinnusker

 Le refuge d'Hrafntinnusker se trouve au milieu d'un champ de poussière de lave. C'est sinistre à fond la caisse. Mais malgré tout ma motivation reste bondissante et c'est ça le vrai moteur, l'essentiel est là. Et puis en Islande les jours de tempête ne sont pas les plus moches et je pense d'ailleurs que la zone que je suis en train de traverser doit se visiter sous ces conditions météo sinon ça n'aurait pas le même intérêt, j'ai envie de dire que ça perdrait de son charme. Ca doit être assez difficile à comprendre ce genre de réaction mais certains coins d'Islande sont plus jolis en pleine tempête que sous un beau soleil.

Publié à 08:10, le 15/12/2007,
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Refuge d'Hrafntinnusker

 Je ferai l'étape en quatre heures au lieu des six heures annoncées par la gardienne du refuge de Landmannalaugar. Et sans avoir bien profité de la seconde partie de l'étape à cause du brouillard, du vent, du froid et de la pluie.
Je vais directement installer la tente sur l'aire prévue, un peu ahuri, à moitié abruti, et avec le vent qu'il y a et la pluie glacée qui tombe c'est pas facile. Plusieurs petits murets d'une cinquantaine de centimètres ont été érigés en forme de cercles pour que les tentes soient abritées un peu du vent. Ce doit être d'anciens randonneurs qui les ont construit. Faut dire que la caillasse ne manque pas dans le coin. On distingue ces petits murets de pierre en bas à droite de la photo.
En fait ces murets ne sont pas une si bonne idée que ça car ils faussent l'aérodynamisme de la tente. La goutte au nez, je me mets à penser que je pourrais être chez moi assis au chaud sur mon canapé... Snif... Quatre trekkers partent sous la pluie visiter les ice-caves de l'autre côté du mont Jokulhaus. Les ice-caves sont à 45 minutes du refuge, le chemin est bien balisé au départ, mais ensuite il l'est moins et il est donc difficile de les trouver. Par temps de brouillard comme aujourd'hui ça ne vaut pas le coup. Dans le sas du refuge une affiche du gardien prévient que les ice-caves sont dangereuses. Il est préférable de ne pas y pénétrer, en effet en août 2005 un touriste allemand s'est fait écraser par un bloc de glace qui s'est décroché du plafond.

Publié à 08:05, le 15/12/2007,
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Arrivée au refuge

Après une demi heure de combat intense contre les éléments ma tente est montée tant bien que mal, le double toit n'est pas idéalement aligné sur la toile intérieure mais on va pas chipoter. J'ai les mains gelées sous mes gants, mais je vais enfin pouvoir me mettre au chaud dans mon sac de couchage.
Le temps est tellement excécrable qu'il est assez difficile de faire des photos correctes.
Mais commence alors un moment de flip intense : j'ai l'annulaire de la main droite qui est tout blanc et que je n'arrive pas à réchauffer, l'ongle se fonce même un peu. C'est le signe du début d'une engelure ! Je flippe à mort car engelure = amputation. Donc... cellule de crise... je m'entretiens avec moi-même, réfléchis vite, très vite car pas de temps à perdre. Les angelures sont facilités par la fatigue et une mauvaise hydratation... C'est vrai que j'ai beaucoup transpiré sur l 'étape et que je n'ai presque rien bu. Me souvenant de ce que j'ai pu lire sur le sujet, je me fais en urgence un demi litre de café bien chaud, je dois me réhydrater rapidos, et le bois tout en me frictionnant je doigt, puis je continue les frictions en m'enfilant dans mon sac de couchage. Finalement au bout d'un quart d'heure tout rentre dans l'ordre, mais quelle trouille ! Par la fermeture éclair entre ouverte de la tente je vois les autres randonneurs arriver au compte goutte... La hollandaise d'abord ( qui m'avait avancé la tune pour payer le bus à Reykjavik ) puis un groupe de quatre français, trempés à mort, puis deux américains... Tous vont se mettre au chaud à l'intérieur du refuge, tous à part moi, le seul guignol à camper dehors au milieu des bourrasques.
Tout le monde semble être bien arrivé donc, tout semble O.K sauf moi qui suis K.O je m'endors, je pionce deux heures à fond.
Je suis réveillé par des appels : « Hey ! What are you doing ? Are you sleeping ? ». Serait-ce à moi qu'on s'adresse ? J'ouvre ma tente et aperçois la hollandaise qui lutte pour se tenir debout au milieu des bourrasques et de la pluie et qui me convie à venir me réchauffer et me sécher à l'intérieur du refuge avec les autres. Le vent chasse la moitié de ses paroles au loin mais je devine qu'elle me dit : "The warden is not there". Ah ben si le gardien n'est pas là, j'arrive, ça veut dire que c'est gratos ! J'ai du dormir sur une bosse car j'ai mal au dos, je suis un peu courbaturé j'ai l'impression de traîner une vieille crève qui devient de plus en plus vilaine, j'ai la désagréable sensation d'avoir été interrogé par la Guestapo. Charmant.
Mon Carry Mat doit être crevé c'est pas possible autrement, et comme j'ai la peau dure je ne m'en suis jamais aperçu avant...


Publié à 08:03, le 15/12/2007,
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Dans le refuge d'Hrafntinnusker

 Cool, la hollandaise a préparé du café, je sors un paquet de gateaux, on se raconte nos vies. J'embellis un peu la mienne, histoire de crâner un peu ( c'est mon côté "mâle" )...
Je retire mes pompes d'un seul trait, ce qui rend l'atmosphère de la salle irrespirable, d'ailleurs un type qui traînait là se hâte de retourner dans la pièce à vivre, un autre monte se réfugier à l'étage ( grenier aménagé ) en prenant grand soin de bien refermer la porte derrière lui. J'étale mes affaires au-dessus du radiateur dans le sas et pose mon sac à dos sur une couchette. Je m'allonge sur un des 8 couchettes superposées. La chambre est propre et les lits diablement confortables, après trois nuits passées à dormir à même le sol le matelas de ma couchette me semble hyper confortable.
Je me retrouve dans une piaule avec la hollandaise et deux allemands homos. Je ressors au milieu de la tempête pour démonter la tente et la mettre à sécher dans le sas du refuge.
Le refuge se remplit de plus en plus avec l'arrivée de randonneurs par grappes, le gardien du refuge n'étant pas là on a tous fait un squattage massif. En fait rares sont sont ceux qui font le trek tout seul, et vu les conditions météo il est vrai que le solo est à déconseiller par mauvais temps. Après tout ce trek a déjà tué, et en plein été ! L'ambiance dans le refuge devient de plus en plus chaude, dans certaines piaules ça déconne bien, surtout du côté des quatre français dans la chambre voisine.

Le refuge ne dispose pas de douche et c'est dommage car nous sommes ici en nombre et l'odeur de sueur a envahi les lieux.  Vers 18 heures je commence à me préparer ma bouffe, mes sachets de lyophilisés qui ne pèsent qu'une cinquantaine de grammes impressionnent les deux randonneurs allemands : "I'm impressed !" me lance l'un d'eux. Mon sac de couchage ultra compact fait sa petite impression aussi dans la chambrée. Après avoir fini de dîner tout le monde se pieute à 19h30 et les premiers ronfflements arrivent vingt minutes plus tard. En stéréo. Un des deux allemands ( celui qui ronffle en Si bémol ) a entre ouvert la fenêtre du refuge, on sera bercé toute la nuit par les rafales de vent, il fera même un peu frisquet à un moment malgré mon duvet sensé suporter un bon moins douze degrés, c'est sûrement parce que l'air est saturé d'humidité. Peut-être que le papa Schultz homo avait chaud, peut-être ne supportait-il plus l'odeur de chaussette qui a envahi la piaule. Et puis je reconnais que sitôt les lumières éteintes je me suis laissé aller à une crise d'aérophagie aigüe ( j'ignorais les vertus aérophagiques des lyophilisés qui m'ont inspiré musicalement cette nuit-là ). Ainsi, quelques ronfflements plus tard, un peu à cause de moi donc, il faisait un bon 37° dans la chambrée et ça sentait grave la fumerolle, et ce malgré la fenêtre entrebaillée. Si seulement la pluie pouvait se calmer pour l'étape de demain...


Publié à 12:57, le 13/12/2007, Islande
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Un petit regard à travers la fenêtre...

 Le lendemain réveil vers 7h00, j'ai une subite envie de jacuzzi... Je regarde par la fenêtre et constate un peu dégoûté qu'il pleut toujours, que le brouillard et le vent sévicent toujours eux aussi. Du coup le rêve s'effondre...
Schtoïng !!! Je bondis de ma couchette avec l'élégance qui me caractérise, et j'atteinds la table sans toucher le sol. En collants moulants, la classe.
Toute la chambrée est debout, ça déjeune rageusement, tout le monde remballe ses affaires, je vais faire un saut en collant thermo dans le sas du refuge pour vérifier que ma tente est sèche. Avec les radiateurs poussés au maximum il fait une chaleur de malade dans le sas, ma tente est donc ok, je la remballe ce qui libère un peu de place pour les trekkeurs qui partent les premiers, mes camarades de piaule partent et me disent "see you to the next hut !". Je leur souhaite un good trip et leur baragouine dans un anglais bancal que je vais me reposer une petite heure avant de partir sur l'étape de la journée. J'ai besoin de me concentrer avant de repartir au milieu des bourrasques... Vu le temps l'étape d'aujourd'hui risque de virer au même délire qu'hier. Encore un regard par la fenêtre, le paysage est impressionnant d'austérité, c'est noir et encore noir partout.
Avis aux futurs trekkeurs dans le coin : les chiottes sont à éviter, elles se résument à un simple trou et l'odeur est à vomir ! De plus la cabane des chiottes se trouve au moins à 150 mètres du refuge, mû par une violente envie de ch... je traverse en courant le champs de cendre noire, en finissant d'enfiler mes gants qui ont bien séchés sur le radiateur. Une fois sur le trône, je peste car des gouttes me tombent dessus depuis le toit, obligé de mettre ma capuche. Les chiottes sont assez sportives à utiliser ! Sans compter qu'avec les assaults du vent la petite cabane tremblotte de toutes parts, pourvu que je ne m'envole pas ou que les rafales n'arrachent pas la porte ! La situation en serait presque cocasse... Puis je retraverse de suite au grand galop le no man's land de cendre noire sinistre à mort, ouf, me revoilà dans la chaleur du refuge... En contraste avec le froid de l'extérieur la chaleur me brûle les joues.
Dans le sas les deux américains s'apprêtent à partir dans le froid et se marrent en me voyant rentrer à toute berzingue, bien humide. Je leur dis : "Going to ze toilet is an expedition !", ils se marrent de plus belle puis s'en vont, je leur souhaite "good trip" et leur lance le traditionnel : "see you to the next hut". Je retourne sur ma couchette me reposer un peu. Mon sac est trop lourd, j'abandonne sur place quelques uns de mes trucs, une de mes deux bouteilles de gaz, un paquet de pâtes de 500 grammes, et tout un tas de petites bricoles qui l'air de rien m'allourdissent. Au total j'ai laissé pour trois kilos de matos là-bas environ. J'ai même laissé une partie de mon linge sale, car de toute façon mon slipbart était irrécupérable ! Par Saint Georges, comment est-ce Dieu possible de s'atomiser le bénouze à ce point ! Pareil, j'ai mis un T-shirt propre et jeté l'ancien mais sans avoir pu me laver car ce refuge ne comporte pas de douche. Et après avoir passé le nez sous mon nouveau T-shirt et humé à plein nez mon torse, je ne peux plus nier l'évidence, je dois désormais admettre la vérité en face : je pue ! Et le mot est faible... Je sens le vestiaire du Parc des Princes, le chien mouillé, je chlingue comme une morgue en grève depuis six mois, on croirait que dans le refuge un animal est allé crever sous un meuble, ça klaxonne à maximum, je pue comme une hyène crevée au fond d'un fossé ! Je me résigne...


Publié à 12:55, le 13/12/2007,
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Départ du refuge

 Au bout d'une heure le refuge s'est bien vidé, je sors et me lance. Les premiers 500 mètres sont en descente, je dois m'arrêter souvent pour chercher du regard le prochain piquet dans le brouillard notamment pour les passages les plus élevés car les plus dans le brouillard. C'est un peu le problème du parcours par mauvais temps : comme le tracé suit le plus souvent les lignes de crètes ( afin de profiter des plus jolis panoramas ) quand il fait mauvais on se retrouve le nez dans la brume. Et sous ces latitudes, à 1000 mètres d'altitude il faut souvent mauvais temps.

Publié à 12:54, le 13/12/2007,
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Dans le brouillard

 Par certains endroits le parcours n'est pas très bien indiqué, les piquets sont trop espacés, certains sont tombés à terre ( peut-être à cause des bourrasques de vent, à cette altitude on ne peut pas accuser les moutons en tout cas ) et il devient assez périlleux de s'orienter sur certaines portions. Mais cela reste néamoins jouable même si j'avoue que j'aurais bien aimé admirer ce décor sans la capuche sur la tête avec tous les cordons serrés à mort. Et puis après la journée de fou que j'ai eu hier ça devrait me sembler facile aujourd'hui, ça peut difficilement être pire qu'hier. Je marche sur du plat pendant quatre bons kilomètres à une altitude qui stagne à 1000 mètres ( ce qui sous ces latitudes est énorme, cela correspond à un petit 3500 dans les Alpes ). Le brouillard et le froid sont encore de la partie me faisant rater quelques beaux points de vue, en particulier à côté d'un glacier et un second au bord d'un ravin, mais la pluie est encore plus forte que sur l'étape d'hier. Pourvu qu'il ne se mette pas à neiger, ça serait le comble ! Je suis trempé des cheveux jusqu'au bout des orteils ! Imperméables les chaussures qu'ils disaient... Enfoirés va...
Sans compter qu'aujourd'hui j'ai pas droit à l'erreur car tous mes compagnons sont partis avant moi, ils sont devant, si je me plante il n'y aura personne pour me ramasser, j'ai pas droit à l'erreur.



Publié à 12:22, le 13/12/2007,
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Dans le brouillard

 Sur le chemin je croise un guguss dans le brouillard ( j'ai jamais compris d'où il pouvait bien sortir ), je lui lâche un "Hi !" mais il ne répond rien, m'ignore presque, me regarde à peine. Enfoiré va, il m'a snobé ! Je suis outré par son comportement. Le plus dur est de voir que j'adopte moi-même souvent le comportement que je reproche aux autres : indifférence, facilité, plus rarement méchanceté, mais quand même... Ca me donne envie de me planquer et d'élever des vaches. Enfin, emmitoufflé dans ma gore tex sous le grésil je devais être plutôt effrayant... Je continue de marcher... Il est de plus en plus ardu de s'orienter, par endroits j'y vais un peu à l'instinct, je fais du free style en quelque sorte.

Avec le vent fort qui par moments me fouette le visage de face parfois j'ai même un peu de mal à respirer ! Je n'arrive pas à penser à autre chose qu'au vent tant ça souffle, je me sens complètement flou. Une chose est sûre pour venir se perdre ici il faut être soit associal soit mysanthrope, les contacts humains y étant si rares et la météo si sévère...

 



Publié à 12:00, le 13/12/2007, Landmannalaugar
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Descente vers le lac d'Alftavatn

Puis pendant 2 ou 3 kilomètres j'amorce une descente qui se transforme vite en pente raide. A un moment je roule sur une pierre et me retrouve sur le cul deux mètres plus bas, ouf pas casse. En fait le "gros " de la descente s'étalera sur 300 mètres sur une pente à 30 %. C'est assez périlleux mais on peut aisément dévaler la pente sans "mettre les mains". Et puis à force de descendre je sors des nuages... et donc du brouillard... et en contrebas j'aperçois la hollandaise ( sur la gauche de la photo ) et un peu plus loin dans le fond de la vallée les deux allemands. Je les rattappe ( j'ai des ailes aujourd'hui ! ) et les rejoins tous les trois au bord d'une rivière qu'on va devoir traverser. Ils ont tous les trois enlevé leurs godasses et remonté leur pantalon jusqu'à mi-cuisses ( la hollandaise a les mollets galbés ! ). Il va falloir traverser les pieds dans l'eau et ça ne m'enchante guère mais je n'ai pas le choix. Il fait à peine dix degrés et la flotte ne doit pas dépasser les trois degrés... Les deux schleux se lancent, suivie de la hollandaise, tous s'essuient les pieds de l'autre côté, assis sur un gros caillou. C'est à moi... Je commence à traverser et à ma grande surprise l'eau n'est pas si froide que ça, c'est peut-ête parce que j'ai les panards brûlant à cause de la longue marche... j'arrive au millieu de la rivière, j'ai de l'eau jusqu'au-dessus du genou, j'avance encore, l'eau continue de monter légèrement, je flippe un peu si l'eau continue de monter ça va être le choc thermique testiculaire ! Je continue d'avancer l'eau redescend, puis me voilà sur l'autre rive. Sain et sauf, ouf. Un des deux allemands me dit "Good ! Very quick !" et ils repartent "See you to the next hut !". J'ai les mains gelées car la pluie qui continue de tomber est toujours aussi glacée, même si elle a faibli un peu quand on a perdu de l'altitude. En fait j'ai l'impression qu'en Islande on dit qu'il fait beau quand il pleut de l'eau chaude... Je m'essuie, renfile mes chaussettes et mes grolles et j'ai une sensation aux pieds de chaleur intense ! Hmmm y'a bon ! Le plus dur est passé, maintenant je suis au fond de la vallée, ce n'est plus que trois kilomètres de plat jusqu'au refuge du lac d'Alftavatn ( le lac des cygnes ). Le sentier qui mène au refuge est bien tracé entre les hautes herbes. Je le distingue au loin. La pluie a faibli encore mais Eole continue de se déchaîner, le décors a changé, en perdant de l'altitude l'herbe a refait son apparition, je commençais à en avoir ras les couettes de la rocaille. Mais diantre, ce que ça peut être humide !


Publié à 11:30, le 13/12/2007,
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Camping d'Alfatavn

 J'arrive au refuge, j'entre et rejoins les allemands et la hollandaise près du poële, ils m'ont préparé un café. Cool. J'en bois même un deuxième, celui d'un des deux allemands qui n'est pas en super forme, assez affaibli, il a froid, on le place sur une chaise juste devant le poële et on lui dit : " Sage ! Pas bouger ! Toi comprendre ce que moi je m'exprime ? ".
Ce sera la dernière fois que je verrai les deux allemands, je suppose qu'ils doivent toujours sécher dans un coin...
Avec les eaux du lac tout proche, en plein été les moucherons doivent se pointer ici en nombre, un peu comme au lac Myvatn. C'est l'horreur ce genre de truc paraît-il, et rien ne sert de les écraser car tous les islandais vous le diront : "1 moucheron de tué, 100 qui viennent aux funérailles".


Publié à 11:00, le 13/12/2007,
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Camping d'Alftavatn

 Je monte la tente rapidement dans les rafales, au bord d'une petite rivière qui serpente à travers le camping. Super, la pluie a cessé ! Mais reprend au bout d'un quart d'heure, et il en sera ainsi jusqu'au soir : un quart d'heure de flotte, un quart d'heure de soleil... Si bien que les arcs-en-ciel se succèdent et c'est magnifique sur un tel décor ! Sitôt installé dans la tente je démarre une séance de chirurgie à l'Opinel. Ce qui est bon avec l'Opinel, c'est que c'est un instrument de torture polyvalent... ( Je me crève les cloques ) Le pus coule, je récupère le précieux nectar et me fais une tisane --non je déconne--. Mais je ne l'avais encore jamais utilisé comme scalpel. L'étape d'aujourd'hui m'a mutilé, notamment les trois kilomètres de descente, j'avais les cuisses qui chauffaient ! Résultat j'ai une ampoule à chaque talon, une sous le gros orteil, d'autres entre les doigts de pied, et l'ongle du petit orteil qui a noirci. Que du bonheur. Je souffre docteur achevez moi ! ( Si quelqu'un avait l'adresse de l'abattoir le plus proche... ).
Je suis heureux, mes pieds puent, il pleut à nouveau, j'ai faim...

Publié à 10:00, le 13/12/2007,
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Séchage des affaires dans le sas du refuge d'Alftavatn

Mais mes papiers sont trempés car les poches de mon froc ne sont pas imperméabilisées, je passe donc une heure à faire sécher mon passeport page par page, mes billets de banque, mon permis de conduire, mon portable, ma lampe frontale... Mon slopbart est à tordre... Nos chaussettes ( après les avoir essoré ) pendent au-dessus du poële, avec nos frocs, nos T-shirts, mes chaussures sont posées sur le poële qui chauffe à fond ( je crame d'ailleurs la languette de l'une d'elles ). Ca sent les pieds mais il fait bon près du poële. Jusqu'à ce que... le gardien arrive... "You can't use the facilities ! You must pay 300 kr". Les islandais plaisantent des fois, mais là non. Citation : "Et mèèèèrde !".

 A l'annonce du verdict quelques grognements montent de la meute de trekkers qui ont envahi les lieux, on est à deux doigts que ça dérape en baston générale. Dans tous les coins du refuge, ça grogne, les sourcils se froncent... Certains amis trekkers qui arrivent tout juste en plein milieu des négociations tentent l'arme de destruction massive : il ôtent leurs grolles tous en coeur sous le regard effrayé du jeune gardien qui, impuissant devant la fumée jaunâtre qui envahit le sas du refuge, accuse un mouvement de recul certain ( 40 bons centimètres ).

 

Payer 300 kr pour s'être chauffé et préparé un café, ça me gave velu ! Dès lors des plans de combat s'organisent : corrompre le gardien, le chatrer à l'Opinel, lui coller des allumettes allumées entre les doigts de pieds, le faire transférer en urgence à Guantanamo...etc... Certains de mes compagnons de randonnée ont le poil hérissé, montrent les canines... On a beau beugler, braire à tue tête il s'en tape, rien n'y fait. Le gardien nous chasse plus ou moins donc, sauf ceux qui acceptent de payer 2400 kr ( 27 €) pour passer la nuit dans le refuge. 2400 kr ! Fuck ! Deux américains lui demandent s'il accepte les dollards, il leur dit yes, en voilà deux qui dormiront au sec. 
Pour moi ça sera camping derrière le refuge et basta ! A tous les quinze qu'on était on aurait dû lui casser la gueule, le ficeler sur une chaise et aller l'enfermer dans la cabane des toilettes derrière le refuge, dans les courants d'air !!! Bien baillonné, personne ne l'aurait entendu gueuler au milieu des rafales ! Genre : "Hmmm hmm hmmm !".

En tout cas dans ma tête un seul mot résonne : fuck off !



Publié à 09:45, le 13/12/2007,
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Je traîne jusqu'à 20h00...

Le vent a forci. C'est peut-être normal avec l'arrivée du soir, je n'sais pas...
Je traîne jusqu'à 20h00, me tape de la bouffe de goret. Evitez l'omelette jambon en lyophilisés, même les moutons quand on leur jette ne la mange pas, ça serait plutôt digne de crépir les murs à grands coups de truelle. Je retourne au refuge à 200 mètres pour finir de sécher mes chaussures. Le gardien s'est cassé, j'en profite. A côté dans la piaule le couple d'américains discute avec un français. Je tape dans la trousse à pharmacie du refuge et me colle quelques pansements sur les panards, me réchauffe les pieds, les mains.
Un suisse allemand se pointe et se colle du Strap ( en préventif ) sur les talons. Je lui demande en anglais s'il peut m'en coller dans le bas du dos, car les frottements de mon sac m'ont mis un peu de peau à vif au-dessus du coccyx. J'espère qu'il n'est pas homo car je lui tourne le dos, le froc à moitié baissé ( pendant 3 ou 4 secondes l'inquiétude m'envahit ). Il a l'air de passer sa vie dehors le mec, sympatique ( faut voir la vitesse à laquelle il a levé le camp le lendemain matin ! ). Un habitué de la vie au grand air forcément. On parle matos, on compare nos tentes ( le gaillard pionce dans une Hilleberg ! La rolls des tentes ! ), nos sacs de couchage, nos frocs de rando... un contact vraiment très interressant, pour une fois que je tombe sur un mec qui dort dans autre chose qu'un duvet Blue Kazoo de chez North Face, ou un beauf' bien franchouillard qui passe ses nuits sous une "Quechua automatique 2 secondes"... Il me dit s'être renseigné auprès de la météo et que les pressions vont remonter, ce qui signifie qu'il va faire beau. Il serait temps ! Il retourne à ses péripéties quand à moi je balaie rapidement la cuisine d'un regard à 360° et aperçois sur une étagère des restes de bouffe laissés par des trekkers précédents : j'embarque une boîte de ce qui me semble être une sorte de goulash avec des inscriptions en tchèques ou des lettres russes je ne sais pas trop. L'emballage à de jolies couleurs ça ne peut donc pas être infecte. Ah les techniques de packaging...
Puis arrive un français, un militaire qui tout de suite commence à me raconter sa vie. Alors on y va : il m'apprend qu'il est militaire, il me paraît un peu atteint psychologiquement, puis physiquement son corps ne semble pas terminé on dirait qu'il lui manque quelques mollécules... Pas handicapé mais juste au-dessus. Militaire donc. Il me fait tout un topo sur la défense aérienne genre DCA ou j'sais pas quoi, me fait un descriptif très précis d'un missile sol /air M-106 ou quelque chose comme ça ( ce qui me sera d'une aide très précieuse dans ma vie de bureau de tous les jours quand je serai revenu à la civilisation ), il m'apprend que l'armée française manque de moyens, et aussi dans la marine c'est des PD, l'armée de l'air aussi mais moins, et que les pires ce sont les adjudants et les aspirants... J'ai oublié le reste...
Je le salue, prends ma boîte de goulash et fonce me planquer dans ma tente. Quelle horreur ! Je vais cauchemarder méchamment cette nuit c'est sûr !


Publié à 09:40, le 13/12/2007,
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Vue de l'Intérieur refuge Alfatvatn

 Je retourne donc à la tente et m'engouffre dans le sac de couchage et pars dans les bras de Morphée. Bien au chaud. Le vent remue la tente follement ! Au bout d'une bonne heure je suis réveillé par le vent qui forcit encore... et encore. La tente est secouée à mort, les arceaux ne s'étaient jamais autant plié auparavant, vais-je me retrouver à ciel ouvert.... Ca commence à craindre un peu là. Dans un sac plastique je rassemble en vitesse mes biens les plus précieux au cas où la tente soit arrachée par le vent : appareil photo, mes papiers et argent...

Soudain, un cris strident... et j'aperçois par l'ouverture de la fermeture éclair une française qui poursuit sa tente à deux balles qui a définitivement pris la direction de l'Afrique du Sud... En trois morceaux.

Puis un peu plus tard s'en suivent les hurlements d'un belge qui se ferait bouffer par une meute de loups.
Je me lève en sursaut, tous les poils dressés d'effroi... Rien de grave : il a juste un problème de tente lui aussi. Putain de vent ! J'ai vraiment l'impression d'avoir abandonné la civilisation depuis 3 jours.  Le fait d'avoir à affronter des conditions climatiques difficiles augmente l'impression de grande solitude ( c'est pas le pôle Sud quand même mais bon... ).D'autant que je n'arrive pas envoyer de textos en France pour tenir ma famille au courant de l'endroit où je me trouve, ce que j'avais promis de faire quotidiennement. Pas de réseau. J'ai aussi voulu écouter la radio aux écouteurs mais on ne capte rien. Nada. Wallou. Donc j'écoute le vent ce soir-là. Et ça souffle... Ca me rappelle quand j'avais passé une nuit au sommet du Plomb du Cantal en plein mois de novembre ! J'ai toujours été branché par les trips un peu roots, genre brut de décoffrage. Y'a des fois où je me demande s'il ne manque pas une case...



Publié à 09:30, le 13/12/2007,
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Au réveil tout est calme

 Le lendemain matin au réveil, comme si on avait tourné un bouton tout est calme, plus de vent, plus de pluie et un ciel qui a l'air d'avoir envie de rougir à l'Est, signe que la journée va être ensoleillée. Good ! Le vent a bien chahuté mon humble demeure  cette nuit et ce matin au démontage la tente semblait assez essoufflée avec ses drisses détendues et ses sandows ramollos.
Ca sera la seule journée de beau temps de mon séjour, mais vraiment de grand beau. Tout ça me donne une de ces patates ! Je me sens habité par le démon de l'aventure ce matin ! A neuf heures mon sac est prêt, je passe à la cabane des toilettes faire un dernier largage ( la petite à droite sur la photo ) et je me lance sous les premiers rayons du soleil de la journée.
C'est poétique tout ça, j'm'en voudrais presque de ne pas l'avoir écrit en alexandrins !

Publié à 09:15, le 13/12/2007,
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Traversée d'un gué

 A peine quitté le refuge, seulement 300 mètres parcourus que déjà j'ai une rivière à traverser. Fuck ! Je me déchausse, y vais franco, facile 15 centimètres de profondeur. Mais environ un kilomètre plus loin se profile une autre rivière, et vu la largeur du bras d'eau à traverser ( environ 20 mètres ) il se peut que ce soit profond. Fuck again ! Surtout que la surface de l'eau est calme, plate, et non agitée de remous ( signe que des caillous affleurent la surface ). Je n'ai pas peur mais c'est plutôt que vu la quantité d'eau j'ai juste un peu peur de me mouiller les couilles. Neuf heures du matin c'est un peu trop tôt pour les tremper au bain-marie. Je retire mes grolles ( ce qui a pour effet de décimer un nuage de moucherons tout proche ), enlève mes chaussettes ( ça finit d'achever les plus résistants ), prends les bâtons de marche ( qui ne me servent qu'à traverser les gués ), je prépare ma serviette pour pouvoir vite me sécher les panards sitôt l'autre rive atteinte, et go. No problem finalement, beaucoup de courant mais pas trop de profondeur en fait, donc les doigts dans le nez.

Publié à 09:00, le 13/12/2007,
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Les moutons se foutent de ma trogne

Les doigts dans le nez, sauf que je traverse sous les regards de quelques moutons qui arrêtent de brouter pour me regarder traverser. Enfoirés de moutons, on dirait qu'ils se foutent de ma gueule. Envie soudaine d'un ragout de mouton revenu aux champignons noirs ! J'ai comme l'impression d'être devenu une sorte de bête abracadabrante qui saute les cerceaux enflammés sous un chapiteau Pinder. Enflures de moutons !


Publié à 08:45, le 13/12/2007,
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Verdure après Alftavatn

C'est très joli par ici, si j'avais su hier j'aurais zappé le camping du lac d'Alftavatn qui n'a finalement rien d'exceptionnel et je serais venu planter mon chapiteau au milieu de ces collines envahies de moutons, c'est très pittoresque. Et quel silence ! Juste quelques bêlements perdus qui transpercent le silence qu'une légère brise m'amène. C'est complètement magique ici ! Je reste interdit devant un tel panorama.

Même si en théorie il n'est pas autorisé de camper en dehors des aires de camping signalées, à mon avis il est tout à fait possible de bivouaquer au milieu d'une étape un peu en retrait du tracé, en prenant soin de ne laisser aucune trace de son passage biensûr.



Publié à 08:40, le 13/12/2007,
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montagnes sous le soleil après Alftavatn

 Après ces collines on déboule sur un grand désert de cendre noire donc. A l'entrée du désert se trouvent des petites collines, sortes de petits cônes de cinquante ou cent mètres de hauteur, noir à leur base et vert pétant à leur pointe. Ca jette ! Ca ressemble au paradis ou a son anti chambre. Je jette un coup d'oeil à 360 ° des fois que Saint Pierre serait dans le secteur... Tout est si gigantesque ici, les distances sont si grandes que les montagnes du fond du décor me paraissent très loin mais à une distance indéfinissable.
Je largue un groupe de quatre français qui s'attardent à photographier une chûte d'eau, puis je traverse un pont made in Iceland constitué en fait de deux gros troncs d'arbres attachés ensemble et posés en travers du torrent. J'allonge le pas car l'étape d'aujourd'hui est plus longue que les précédentes, elle fait 17 bornes. C'est long mais c'est du plat car elle se déroule en majeure partie dans un sandur ( désert de cendre noire ).


Publié à 08:30, le 13/12/2007,
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Dans les colline derrière Alftavatn

 Je passe un petit refuge ( à environ 1 heure et quart du refuge d'Alftavatn ), je m'arrête pour y remplir ma bouteille d'eau, me taper une barre énergétique et... pisser un bol ( pardon pour cette expression barbarre ). Je repars requinqué et me retrouve à l'entrée d'un gigantesque désert de cendre noire, on se croirait sur la lune. Ca contraste après les collines de verdure que je viens de traverser une heure durant. C'est plat et noir jusqu'à l'horizon ou presque et de par la pureté de l'air le regard porte très loin, j'arrive à voir de tout petits détails qui se trouvent sur les montagnes et les glaciers dans le lointain. C'est beau. Whouâ la vache c'est hyper beau !

Publié à 08:00, le 13/12/2007,
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Désert

 Par contre il n'y a pas grand monde à l'horizon, il vaut mieux ne rien se péter ici car j'ai l'impression qu'avant que quelqu'un ne passe il peut se passer des heures voir peut-être des jours. Je suis une piste de 4X4 et les marques de pneus dans la cendre sont un peu effacées par le vent et la pluie, elles semblent dater de plusieurs jours. Puis je lève la tête... un bruit de moteur... et justement arrive une sorte de 4X4 énorme, mais vraiment énorme, avec des pneus de la taille de ceux des autobus parisiens et une garde au sol de soixante centimètres. Il roule plein pot. Je me pousse un peu hors de ce qui semble être la piste, le moteur fait un boucan d'enfer, un bruit de tracteur qui roulerait en échappements libres ( un égaré du Paris-Dakar ? ), et quand il arrive à ma hauteur j'aperçois au volant un petit bout de bonne femme de rien du tout à la tignasse blonde, cramponnée au volant, les bras arcqués ( elle en chie pour tenir la bête ! ) et passe en me fixant médusée, ballotée sur son siège, me suivant d'un mouvement régulier du cou sans jamais me quitter des yeux : genre "mais qui c'est ce guignol ? ". Je regarde l'engin partir dans un nuage de poussière noire. Quel monstre !

Publié à 07:00, le 13/12/2007,
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Désert du Maelifellsandur ( je suis perdu mais je ne le sais pas encore )

 Je continue à m'enfoncer dans ce désert tout noir, ce côté monochrome est impressionnant... Je m'imprègne du charisme incroyable des lieux... Et toujours ce silence... Le regard ne peut se porter que sur du noir, l'oeil n'est pas habitué à cette monotonie. J'arrive dans une zone mitraillée de bombes, ces pierres de tailles diverses éjectées lors de l'éruption d'un volcan, c'est vraiment lunaire ici. Je bombarde de photos les glaciers dans le fond dont la blancheur éclatante arrive quand même à contraster un peu avec le noir de la cendre luisante sous le soleil. Ils me parraissent loin, mais je ne saurais dire à quelle distance. Le soleil brille mais l'air est frais il doit faire 15 ou 16 degrés, je garde ma gore tex, obligé, car le vent léger mais constant fait chûter la température ressentie autour de 10°.  C'est con j'aurais bien aimé me ballader en T-shirt sous ce beau soleil.  Utopie ? N'empêche que lorsque le soleil sort il tape et il tape fort, et comme avec le vent je ne m'en suis pas aperçu j'ai chopé un méchant coup de soleil à l'oreille droite.

Publié à 12:00, le 12/12/2007,
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Jouge dans le désert du Maellifellsandur

 



Publié à 11:30, le 12/12/2007,
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Cuisine dans le Maelifellsandur

Midi approche et j'ai la dalle. Mais la petite brise m'empêchera de cuisiner, la flamme de mon réchaud ne tiendra pas ou alors vacillera trop et ne chauffera que dalle. Je cherche un peu et trouve un gros caillou, un pavé plus gros que les autres derrière lequel je vais pouvoir cuisiner à l'abrit du zef qui arrive plein nord, glacial comme il se doit. Je rêve de mousse au chocolat, de tarte au citron, et de petits choux à la crème... Ca sera couscous au poulet, compote de pomme-fraise et tilleul menthe. C'aurait pu être pire... Bien pire... J'ai plus d'eau, les derniers centilitres que j'avais viennent de servir à réhydrater mes lyophilisés. Mais ce n'est pas grave je dois traverser un gué d'ici 5 à 7 bornes, je referai le plein de flotte là-bas...
Les lyophilisés sont vraiment la meilleure solution, ça permet d'être léger au niveau de la bouffe ( entre 50 et 80 grammes selon les plats ) et de garder une alimentation équilibrée et variée durant le trek ( ca évite de devoir se taper des pâtes et du riz pendant une semaine ).
Le phénomène de lyophilisation est connu depuis des siècles par les peuples des Andes. La réduction de poids est de 90 à 95 % pour les légumes et de 60 à 80 % pour les viandes. Le goût n'est pas altéré, les qualités diététiques et vitaminiques sont maintenues.
D'une manière générale les plats lyophilisés sont plutôt bons, assez nutritifs, si ce n'est la sinistre aérophagie qu'ils provoquent ! Pardonnez-moi mon père parce que j'ai pêché... Un trekker averti en vaut deux, donc ceux qui voyagent en solo se sentiront moins seuls après avoir lu ce conseil avisé. Désolé pour toutes ces histoires d'odeurs de pieds, de largages de caisses... mais you know c'est une expédition rustique, c'est mon côté "viking" qui ressort. Je vous rassure, dans le civil je suis plus posé.


Publié à 11:00, le 12/12/2007,
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Je suis perdu

 Je repars de bon pas, bouffer m'a revigoré. Je marche pendant une bonne heure et demi, insouciant, le nez en l'air, mitraillant le décors avec mon numérique ( j'ai une carte de 6 Go donc je peux me lâcher ). Puis soudain je m'interroge... Il est quand même 15h00 et toujours pas de rivière en vue... J'aurais dû la franchir depuis quelques temps déjà... Et si... Et si je m'étais perdu...

Publié à 10:55, le 12/12/2007,
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Gigantesque Myrldasjokull

 Et puis plein Ouest un gigantesque glacier s'approche de la piste sur laquelle je marche, or sur ma carte il devrait plutôt être à l'Est. Problème... Je m'arrête et regarde ma carte, je monte une cellule de crise, m'entretiens avec moi-même, je m'engueule... Aucun doute je me suis planté de route. Mais depuis combien de temps ? Telle est la question... Je ne sais pas où je suis... Je retourne la carte dans tous les sens, gros coup de flip. Je dois rebrousser chemin mais jusqu'où ? Le glacier sur ma droite ne peut être que le Slettjokull, une des langues glacières du gigantesque Myrldasjokull. Je suis donc d'après mes calculs en plein milieu du Maellifelsandur. Quand j'y repense je me dis que si je me suis perdu c'est parce que je me suis trop laissé envahir par la beauté des collines envahies de moutons après Alftavatn, j'étais tombé les deux pieds à mort dans le contemplatif de cet endroit magique, j'avais baissé ma garde en quelque sorte, prenant confiance, me laissant ennivrer. Or quand on marche seul il faut toujours rester vigilant. Et le problème ( en me repérant sur la carte ) c'est que j'ai fait 10 kilomètres dans la mauvaise direction, et l'autre truc ennuyeux c'est que je n'ai plus de flotte ! Si je veux boire je dois rebrousser chemin sur 10 bornes jusqu'au gué à traverser ( heureusement le vent frais m'empêche d'avoir trop chaud malgré le soleil et je n'ai pas du tout soif pour l'instant ). J'aurais bien planté la tente ici au milieu du désert mais l'eau va vite me manquer, ne serait-ce que pour réhydrater mes sachets de bouffe de ce soir et du petit dèj. de demain matin. Je nage en pleine impro...
Le coup de trouille est passé car maintenant je sais où je suis : dix kilomètres trop à l'Ouest. Je commence à rebrousser chemin, la haine... Heureusement depuis trois jours que j'ai démarré le trek mon sac s'est allégé car j'ai pas mal attaqué mes réserves de bouffe, j'ai largué pas mal de linge sale, plus divers autres trucs.
Le glacier me paraît énorme, et pourtant il n'échappe pas à la règle de tous les glaciers du monde : il perd régulièrement de sa superficie à cause du réchauffement, tant et si bien que plusieurs chûtes d'eau sont apparues ces 10 dernières années.


Publié à 10:50, le 12/12/2007,
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Dunes de cendre



Publié à 10:47, le 12/12/2007,
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Désert du Maelifellsandur

 Au bout de trois kilomètres environ je décide de m'arrêter, de m'assoir et d'attendre le passage d'un 4X4. Depuis que je suis entré dans ce sandur j'en ai croisé 4 ou 5, il n'est que 16h00 d'autres devraient passer... Au bout d'une demi heure un bruit de moteur, je me retourne et tout à coup surgit un convoi de trois 4X4, trois bagnoles géantes aux pneumatiques énormes arrivent dans un bruit de moteur infernal, de poussière et de cailloux qui volent. Je me lève en bord de piste, et lève le bras pour leur faire signe de s'arrêter. Ils s'arrêtent sans problème, je suis sauvé je ne mourrai pas de soif ici !  Je dois avoir un charme impressionnant ( ou alors alors faire vraiment pitié... ).
Un petit jeune d'environ 20 ou 25 ans saute du haut de son 4X4 et je lui dis direct : "I think I'm lost !" avec le regard hagard, limite effrayé ( genre je viens de me faire attaquer par des renards ). Puis d'ajouter : "And I have no more water !". Il me confirme que nous sommes bien dans le Maellifelsandur, j'ai donc bien fait 10 bornes dans la mauvaise direction. Ils me proposent de me prendre à bord de leur grosse machine, ils chargent mon gros sac, communiquent via leur radio ( C.B. ? ) avec les autres véhicules, et je grimpe dans leur monstre, celui de tête du convoi, il y a même un marche pied comme dans les camions tant la garde au sol est haute, le chassis m'arrive à la taille ! Le mec est avec sa copine, une blonde pétante, tous les deux cool à max, ils me parlent beaucoup et m'emmènent jusqu'à l'embranchement où je me suis planté de direction. La nana me précise même qu'ils vont me faire traverser le gué. Chouette, en plus celui-ci est plutôt profond ( 40 centimètres ) et large. Je les interroge sur la possibilité de voir des aurores boréales si le ciel reste dégagé la nuit prochaine, mais le mec est catégorique : no way !!! Il ne fait pas assez froid me dit-il, un ciel noir et dégagé de nuages ne suffit pas. Ils me racontent qu'ils font partie de la Icelandic Rescue Team de Reykjavik, et qu'ils retournent tous à Reykjavik en coupant par les pistes après un week end entre potes. Les deux autres 4X4 nous suivent toujours et ronronnent fort par moment. On arrive au gué qu'on s'apprête à traverser. Le jeune au volant enclenche la première lente, et se lance doucement en maintenant le moteur en haut régime, puis il accélère fortement au moment de ressortir de l'eau, quelle technique ! Les doigts dans le nez. Ze fingers in ze noze.
On sarrête, la nana descend et court à un bras de la rivière pour me remplir une bouteille d'eau qui traînait sous les sièges, puis ils me souhaitent bonne chance après m'avoir indiqué la direction à suivre. Il ne me reste que 7 bornes jusqu'au refuge de Botnar. Je traverse le désert d'Emstrur, encore du noir, avec des montagnes en formes de cônes parfaits recouverts de mousse verte fluorescente jusqu'à leur sommet. C'est beau ! Mais la pluie se remet à tomber et je suis raide, la pluie forcit... Hou la la, enfilage de la housse de pluie du sac à dos en catastrophe...


Publié à 10:45, le 12/12/2007,
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Moi dans le Désert du Maelifellsandur

Je baisse la tête car avec tout mon bordel je n'entrais pas dans le cadre. Après deux ou trois essais de prise de photo au retardateur je parviens à me faire tenir en haut à droite de l'image. Malgré le soleil, le vent moyen mais constant, m'oblige à garder ma veste, on sent que l'hiver approche à grands pas. La prise des photos est ce qui me retarde le plus, le temps de poser le mini trépier, de régler l'appareil, de faire un essai, puis un deuxième, il faut compter cinq minutes minimum pour chaque pause-photos.



Publié à 10:30, le 12/12/2007,
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Désert d'Emstrur

 Je marche une petite heure dans ce désert en légère montée, jusqu'à ce que tout à coup le désert se stoppe net face à un petit ravin et en contre bas, dans la verdure apparait le refuge de Botnar. Enfin. On dirait qu'on a posé de la moquette verte fluorescente au milieu d'un océan de carbone. J'ai les jambes flagada, j'ai l'impression d'être en coma dépassé... Faut faire gaffe c'est toujours dans ces cas de fatigue extrême qu'on se pète quelque chose. D'autant plus que comme je me suis paumé royalement, je suis à la bourre sur l'horaire prévu et il n'y a plus personne sur le tracé de l'étape.

Publié à 10:00, le 12/12/2007,
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Désert d'Emstrur

Le désert d'Emstrur avec ses montagnes tabulaires ou coniques et leur couleur verte qui jure au milieu de la cendre. En arrière plan se trouve le mont Hattafel qu'il faut prendre soin de contourner par la gauche et non par la droite via la piste F 261. Quelques trekkeurs se perdent parfois parce qu'il l'ont contourné en free style par la droite et ont fini par s'échouer au bord des falaises infranchissables de la Markarfljot.
Je suis tellement épuisé que je suis à deux doigts d'avoir des hallucinations, par moments je sens mon esprit partir, je m'attends donc à voir surgir de dernière un monticule de cendre une floppée de trolls et d'elfes en train de jouer du bignou ainsi qu'une meute de fées sous acide qui viennent danser pour moi. Vivement la fin de l'étape.


Publié à 09:30, le 12/12/2007,
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Arrivée sur Botnar

Après le désert d'Emstrur, j'entame la descente dans la cendre vers le refuge.

Publié à 08:00, le 12/12/2007,
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Refuge de Botnar

 C'est trop trop beau ! Le refuge est magnifiquement situé. Je descends la pente raide et vais planter le tipi sur un des emplacements étagés du camping devant le refuge.  Tout proche de la tente coule un ruisseau, ça va être sympa d'être bercé par ses clapotis. Je suis raide aujourdhui comme je me suis perdu j'ai fait un total de trente kilomètres chargé à 20 kilos, je monte la tente super lentement, je sens la transpiration à mort, j'ai mal aux muscles des épaules et de la nuque...L'horreur... J'suis sec. Mes jambes sont aussi endolories au niveau des cuisses surtout. J'entame une petite séance d'étirement qui s'avère assez efficace. Je préfère ça plutôt que de me shooter au Doliprane ou au Diantalvic.
Je réalise qu'ici certaines choses prennent une importance incroyable et d'autres auxquelles je tenais absolument n'ont ici que peu d'importance, elles perdent tout leur intérêt ou obligation sociale. Mon couteau et ma lampe frontale ont une importance capitale, mon portable quant à lui... C'est vrai que j'aurais aimé téléphoner en France pour donner des nouvelles à mes proches, leur dire que tout va bien, mais finalement le fait qu'il n'y ai pas de réseau régle le problème et je fais très bien sans. Vue d'ici notre société de consommation n'est qu'une vaste plaisanterie, et l'on fait tous partie du gag.
Et puis je commence à maîtriser toutes les techniques à la mors-moi-le-noeud pour ne pas bouger une fois le camp installé : du genre sortir pisser sans remettre mes grolles, préparer le petit dèj' sans sortir du duvet... Serais-je en train de devenir une sorte de grosse fégnasse ???


Publié à 10:22, le 11/12/2007,
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Refuge de Botnar

 
Il ne pleut plus, ça me ravit. Je plante ma tente au paradis, et je commence les péripéties du soir, j'ai une de ces méga dalles ! Mais mon réchaud ce soir là a joué à Challenger : explosion ( légère ) il est mort. Je sors le petit réchaud ( MSR ) de secours en urgence après avoir maîtrisé le départ de feu de brouissailles engendré par le premier ( juste un peu d'herbe au final ), puis je passe à table.
Tout en mangeant mon activité gastrique me retourne la muqueuse nasale, je déclare l'intérieur de la tente zone insalubre. La seule façon vraiment efficace de nettoyer la tente serait de la passer au napalm ! Malgré l'odeur je continue mon repas quand soudain se pointe devant l'entrée de la tente une sorte de viking massif avec plein d'insignes et une radio en stand by en bandoulière... Le shérif local ? et non... "I want to see your camping ticket !". Comment il m'a fait flipper ce zigue ! Je m'acquitte des 800 couronnes il me file un sticker jaune à coller sur la tente puis se baisse un peu en fronçant les sourcils, hume l'intérieur de la tente et crois raisonnable de m'expliquer où se trouvent les lavabos ( Pour une meilleure compréhension de ce que je pense de ce sinistre gaillard, consulter les 2894 pages d'insultes - en annexes car elles auraient alourdi le récit - ). Selon certaines sources, l'expression « Islandais de bac à sable » aurait même été prononcée...Je m'en excuse. Mais je ne peux m'empêcher de penser que c'est un zouave... Greffier ? Veuillez effacer cette dernière remarque... N'empêche que ça commence à être relou de se faire racketter ( ou presque ) dans tous les refuges : ici 300 couronnes pour se préparer un café, ailleurs 800 couronnes pour camper mais sans l'accès aux douches. Les islandais me semblent avoir l'escroquerie dans le sang. Surtout les gardiens de refuge.
Détail joyeux : je constate que le pain de seigle a évolué en culture de champignons de moisissure. De plus, en me mettant pieds nus pour faire le point sur mes ampoules, je m'aperçois que mes chaussettes sont comme le pain, c'est à dire moisies, donc... cérémonie d'enterrement ( Dans l'abside de la tente ).
C'est vrai que je pue ! Et la tente est crade à l'intérieur comme c'est pas permis, y'a plein de poussière de lave noire, c'est très corosif paraît-il. Le gaillard m'a aussi précisé que comme je suis campeur je ne peux utiliser que les lavabos extérieurs pour me laver mais en aucun cas les douches de l'intérieur du refuge. La haine... En plus le type semble dormir sur place donc impossible de le gruger comme au refuge précédent. Je termine mon boeuf à la purée de pois, puis je sors faire la vaisselle... une fois par semaine... bon régime... Ensuite je dois entreprendre une séance de lessive à la main dans les lavabos extérieurs car je n'ai plus que deux slopbarts à me mettre ( j'en ai trop jeté pour alléger mon sac, j'aurais dû garder une partie de mon linge sale ). J'espère que l'eau du lavabo est récupérée et traitée et qu'elle ne part pas dans la nature comme ça sinon ça sera la pollution assurée : ce satané slopbart doit, vu son état, contenir bon nombre de métaux lourds... J'ai honte.
Il doit être 19h30 ou 20h00 je monte sur une butte toute proche qui m'offre un sacrée point de vue sur le refuge et ses allentours je me pose et attends que la nuit tombe. Mais trop claqué de mes trente bornes d'aujourd'hui je commence à comater un peu, sans compter qu'avec l'arrivée du soir les températures chutent vite, c'est donc à regret que je retourne à la tente, je rentre vite m'enfiler dans le sac de couchage et ni une ni deux je plonge dans un profond sommeil.


Publié à 10:21, le 11/12/2007,
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Après le refuge de Botnar

 
Réveil à la fraîche vers 7h30 ( promis demain je ferai mieux ), je déjeune puis ma vessie hurle à la mort, je me rue donc aux sanitaires et me déleste d'au moins un litre. Les chiottes comme très souvent sont dans les courants d'air donc je fais fissa. En retournant à la tente je jette un oeil sur un thermomètre cloué sur la porte de la réception et constate qu'il ne fait que quatre degrés ce matin. Mon duvet est vraiment bon car je n'ai pas ressenti du tout le froid cette nuit. Je constate aussi que la tente rouge vif du papa anglais qui fait la rando avec son fiston de onze ans n'est plus là, ils sont partis hyper tôt ce matin ! Le couple d'américains qui ont passé la nuit sur l'emplacement de l'étage supérieur sont déjà en train de plier leur tente. Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à speeder ce matin ? Il ne pleut pas encore mais au vu des gros nuages noirs qui arrivent à l'Ouest ça ne saurait tarder. Hier soir en arrivant je m'étais dit que je resterai deux nuits ici pour récupérer un peu mais j'ai la pêche ce matin, aussi je décide de partir. L'étape d'aujourd'hui est au moins aussi longue que celle d'hier, environ 18 bornes.


Publié à 10:00, le 11/12/2007,
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petit pont

 A peine ai-je replié la tente qu'il se met à flotter. Encore. Je pars sous la pluie, un peu comme un automate. Très beau panorama avec du noir partout strié de mousse verte fluo et des glaciers à l'Est. J'accélère le rythme, je perds de l'altitude, je dévale des terres rouges, avec la pluie ça glisse. J'entends un grondement qui s'approche de plus en plus et je me retrouve au bord d'une gorge peu profonde au fond de laquelle coule un torrent rageur. Les eaux tumultueuses émettent un grondement sourd au fond de la ravine.

Publié à 12:00, le 10/12/2007,
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Le long des gorges

 Le long des gorges le panorama est plaisant : de la mousse verte sur des plaques de lave cordée.

Publié à 11:00, le 10/12/2007,
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Certains passages sont équipés de cordes

Le terrain est très escarpé, il s'agit de ne pas se casser la gueule, certains passages sont équipés de cordes auxquelles on peut se tenir ( auxquelles il vaut mieux se tenir ), puis arrivent une ou deux passerelles pour les passages les plus délicats et une pour traverser le ravin. Ensuite ça regrimpe aussitôt, et c'est raide, puis passé un dernier promontoire c'est de la pente douce et du plat jusqu'au bout de l'étape.


Publié à 10:00, le 10/12/2007,
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Encore de la pluie !

Le décor est ici plus monotone, ça paraît fade après les couleurs chatoyantes des étapes précédentes. Je cavale aujourd'hui ! Peut-être que je me suis habitué à la pluie et au froid... Je cavale tant et si bien que je finis par rattrapper le couple d'américains parti vingt minutes avant moi. La pluie s'intensifie, il pleut comme vache qui pisse. Un peu plus loin je rattape le papa anglais qui essaie d'enfiler un pantalon de pluie à son gamin. Petit gamin qui à mon passage me lance un regard noir qui veut dire "vivement qu'on rentre à la maison", il en a plein les guêtres. Je trouve qu'il est beaucoup trop jeune pour un tel trek. Je lui dis "Hi !" mais il ne me répond pas, il en bave !


Publié à 09:00, le 10/12/2007,
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Large gué à traverser

 A mi parcours je passe une passerelle impressionante, pas très large mais au-dessus d'une faille hyper profonde avec un torrent qui coule au fond, une vingtaine de mètres plus bas. On croirait passer au-dessus d'un puis avec ce côté étroit et profond. Le parcours remonte ensuite vers le sommet d'une coline tapissée de longues herbes rouge / ocre d'où une fois en haut je me prends les rafales de plein fouet. Puis c'est quatre ou cinq kilomètres de plat, au milieu de la rocaille dans ce qui ressemble au lit d'une large rivière asséchée. Et arrive une large, une très large rivière à traverser, le terrain accidenté fait qu'elle s'est divisée en plusieurs bras, je regarde où il serait le plus aisé de traverser, les endroits les moins profonds, le moins de bras à franchir, je vais devoir traverser trois bras de cette rivière bordée de gros cailloux et galets. Le courant est impressionnant, il y a au moins 40 centimètres de profondeur, l'eau est trouble, c'est pas gagné. Il paraît qu'en 2006 un français s'est noyé en tentant de traverser la Markarfljót. Ca me semble assez risqué tout seul, sans compter qu'avec le courant qu'il y a l'eau va facilement me monter jusqu'à mi-cuisses... Je me tâte : est-ce que j'y vais franco ou est-ce que j'attends les américains et les anglais... Non il caille trop à rester là sans bouger et puis il pleuviotte, je décide d'y aller. Je démarre le rituel pour les gués : j'enlève mes grolles et mets mes chaussettes dedans, je les lace ensemble et me les pends autour du cou, je sors les bâtons de marche et hue cocotte. Le premier bras d'eau à traverser se passe bien, c'est pas trop froid, mais le deuxième est plus profond, j'ai de l'eau jusqu'au-dessus du genou et le courant est très fort. Le dernier bras de rivière me glace, à force d'être dans l'eau mes pieds sont gelés, la plante des pieds me brûle tant le froid est piquant ! Sitôt sur l'autre rive je m'essuie les pieds et les jambes et renfile presto mes chaussettes et mes godasses, sensation de chaleur intense ! C'est alors que les americains déboulent sur l'autre rive et cherchent l'endroit le plus propice pour traverser, ils semblent hésiter un moment puis sans enlever leurs pompes traversent direct tout droit, arrivent à ma hauteur et continuent sans s'arrêter. Il n'ont pas oté leurs chaussures j'en reviens pas !

Publié à 08:00, le 10/12/2007,
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La forêt de Thor

 Je les suis à une trentaine de mètres dans un sentier qui serpente dans ce qu'on appelle la forêt de Thor, la seule forêt d'Islande. Les islandais sont très fiers de cette forêt mais en réalité elle est assez nulle, rien a voir avec les notres : les arbustes qui la composent ne dépassent pas 7 ou 8 mètres de haut pour les plus grands, ils ont un tronc très tortueux, y'a pas de quoi se taper le machin sur le coin du caniveau.

Publié à 07:00, le 10/12/2007,
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Landmannalaugar 50km

Après une demi-heure de marche dans la forêt de Thor j'arrive à un panneau annonçant que depuis mon départ de Landamannalaugar j'ai fait 50 kilomètres. Les amerlocs sont arrêtés à cette bifurcation, hésitant sur le chemin à suivre. Je leur demande de quel côté ils pensent que se trouve le refuge, ils m'indiquent la droite mais sans grande conviction. Je leur demande : " May be 2 kilometers left ?", et ils me répondent avec un accent américain à couper au couteau : "Yeah, max".
Dans la forêt de Thor il est assez aisé de se perdre, les directions sont plutôt mal indiquées.


Publié à 06:00, le 10/12/2007,
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L'Islande ne vit que par la lumière

Peu après nous arrivons au refuge d'Husadalur, je vais pouvoir me laver ! Hiiii hâââââ !!! Je vais enfin arrêter de puer !
L'arrivée au refuge d'Husadalur à Thorsmork vous sort brurtalement du rêve : on peut louer des cabanons, se doucher, se ravitailler un peu en bouffe. C'est le retour à la civilisation.
... Civilisation ??? ... Quoi ça être ???... Houngâ !!! Houngâ !!! ...
Je prends une douche en plein air : ils ont installé une douche gratuite dehors près d'un spot d'eau chaude où l'on peut se mettre à tremper. Je me douche rapidos au milieu des bourrasques, la crasse part par plaques entières et part dans une eau plus que grise, le vent qui souffle me glace, je me sèche en quatrième vitesse. Mais malgré la douche je sens encore le fauve, le poney, et j'ai oublié d'emmener du déodorant, erreur fatale...


Publié à 12:00, le 9/12/2007,
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Thorsmork



Publié à 10:31, le 9/12/2007,
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Sur un caillou perché

Sur un caillou perché avec en arrière fond les montagnes du Godaland ( le pays des dieux ). Le paysage tient ici toutes ses promesses : tout est gigantesque, superbe, noyé dans la verdure, une véritable saga montagneuse dont je suis l'humble protagoniste.

Publié à 10:29, le 9/12/2007,
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Jeux de lumière sur Thorsmork

 En un quart d'heure les nuages se rameutent en masse, tout devient sombre, une véritable muraille de nuages arrive, roulant, une vraie chevauchée fantastique. En regardant vers l'horizon je distingue un puissant rideau de pluie à la fois grisâtre et bleuté. Il vaut mieux que je redescende car le vent redouble, il joue avec les nuages, par endroits les nuages laissent quelques trous par où s'engouffrent les rayons du soleil, cela donne des jeux de lumière incroyables comme sur la photo où une sorte de gros rayon laser semble venir s'écraser sur les montagnes.  Là je dois m'avouer vaincu, la nature est supérieure, dominante, je suis encerclé. Emerveillé aussi.
La photo paraît très sombre et pourtant elle a été prise vers 16h00 et une demi heure avant le solail brillait, quand on dit qu'en Islande le temps change très vite c'est vrai ! Ici la météo se conjugue à tous les temps.


Publié à 10:27, le 9/12/2007,
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Au-dessus de Thorsmork

 Puis un quart d'heure plus tard, retour au calme. Donc je stoppe ma descente et reprends les photos. On a du mal à croire que cette photo a été prise une demi heure à peine après la photo précédente ! Cela confirme bien que le temps change très vite en Islande.

Publié à 09:15, le 9/12/2007,
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Plaques de neiges au fond d'une des nombreuses ravines à traverser entre Landmannalaugar et Hrafntinnusker

Le trek peut se faire en 4 jours de Thorsmork à Landmannalaugar. Ceux qui n'ont pas trop mal aux cuisses peuvent pousser jusqu'à Skogar en 2 jours supplémentaires, mais seulement si la météo est clémente car il y a un col à passer à plus de 1100 mètres d'altitude.
Le trek peut aussi se faire dans l'autre sens.
Il y a quelques rivières à traverser, prévoir des sandales car le fond est souvent plein de caillasses qui meutrissent les pieds ( pas absolument indispensable ). Prévoir également des bâtons de marche pour vous soutenir lors des traversées ( quand il y a beaucoup de courant ça évite d'être déséquilibré avec le poids du sac... ), même si vous n'aimez pas marcher avec des bâtons ( ce qui est mon cas ) emportez au moins 1 bâton car pour traverser certaines rivières c'est plus sûr, cela permet d'avoir un appui supplémentaire.
C'est loin d'être une petite ballade sans difficulté, il y a de nombreuses ravines à franchir avec des montées et descentes successives aux pentes non stabilisées et glissantes, ce qui casse les jambes.
Il faut prendre en compte la météo ( ça c'est vraiment important et sur certaines étapes c'est carrément indispensable ) : par mauvais temps ça peut devenir un vrai calvaire, un jeune israélien y a même laissé sa peau en 2004 en plein été à cause du blizzard. Mort de froid en plein été !!!
Prévoir une ou deux journées de sécurité car le mauvais temps ( brouillard, vent, pluie de grésil... ) peut vous bloquer une journée dans un refuge ( en particulier celui d'Hrafntinnusker à plus de 1000 m. d'altitude ).
Prendre une tente pour dormir dehors au cas où le refuge soit complet ( surtout en juillet et en août  où tout est bondé ).
Au col entre Thorsmork et Skogar certains randonneurs se sont trouvés bloqués pendant 36 heures ( retard à prendre en compte dans le planning ).
Dans tous les refuges-campings on peut payer en carte bleue. Le camping coûte dans les 800 kr et une nuit en refuge dans les 2400 kr.
Tout le long du trek le téléphone portable ne passe pas, y compris le 112. On ne retrouve du réseau qu'à Thorsmork.
Prévoir une veste gore tex ainsi qu'un pantalon et des gants impéméables.
L'idéal est de partir avec un sac de 10 ou 12 kilos, avec 20 kilos sur le dos vous en chierez des ronds de chapeaux.
Avant de se lancer dans le trek possibilité de laisser les affaires inutiles à la consigne de l'auberge de jeunesse ou du camping à Reykjavik pour 200 ou 300 kr.
Avant de démarrer le trek il est presque indispensable de rester une journée au Landmannalaugar pour visiter le site.
Pour la boustifaille il faut être en autonomie complète (même si dans les refuges on peut tomber sur un paquet de pâtes laissé par des randonneurs précédents ). Les lyophilisés sont une bonne solution.
Le parcours est bien balisé ce qui rend la carte au 1/100 000ème pas vraiment utile. Elle n'est pas assez précise mais peut nous éviter de partir en free style sur certaines portions où le marquage est moins bon.
Chaque étape peut se faire entre 3 et 5 heures.

Publié à 09:00, le 9/12/2007,
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Carte détaillée de la première partie du parcours



Publié à 08:00, le 9/12/2007,
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Carte détaillée de la deuxième partie du parcours







Publié à 07:30, le 9/12/2007,
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{C}

 

Si vous avez d'éventuelles questions relatives à ce trek, merci de les poser sur le forum que j'ai tout nouvellement crée dédié à cet effet ===>

 

http://islande.forumprod.com/forum.php

 

 

Les réponses ainsi apportées pourront profiter à tout le monde car je reçois beaucoup de demandes de conseils par mails, portant souvent sur les mêmes interrogations.

 

Mon dernier trip en Islande ===> http://traverseeislande.uniterre.com/  (traversée du pays à skis et pulka)



Publié à 07:00, le 9/12/2007,
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